qui me lit ? est-ce que cela sert à quelque chose ?
lunes, 5 de diciembre de 2022
martes, 13 de septiembre de 2016
petit retour en Europe
L'Europe m'a appelé en retour. En rentrant j'observe certaines choses intrigantes.
C'est connu, on observe plus facilement chez autrui certaines caractéristiques significatives que chez soi-même. Or les européens sont devenus mon autrui. J'arrive chez moi avec un regard étranger.
J'offre ici mon regard de l'extérieur.
De passage à la gare de Lyon à Paris je croise un homme en costume à la mode (mollets serrés) qui parle dans son téléphone et j'entends: "Je vais à Tours pour 9 jours. Ils ont besoin d'un expert pour optimiser leurs performances".
J'entrais dans le monde des experts, le monde aux performances optimisées.
"optimiser" le monde serait-ce resserrer les pantalons au niveau des mollets ?
Sommes-nous ce serpent qui se mord la queue ?
Je découvre les européens d'aujourd'hui d'abord à l'aéroport, puis dans les trains...
Ma première impression : ils sont très riches, trop riches, ils achètent des tas d'objets et se déplacent avec.
Ils s'entourent d'objets, de choses. Mais que font-ils donc avec toutes ces choses?
(choses qui impliquent un gaspillage inouï)
Ils paraissent frénétiquement obnubilés par les activités pratiquées avec ces choses, particulièrement les objets électroniques.
(Il semble d'ailleurs que la privation de pouvoir acheter ces choses provoque une angoisse).
Mais que font ils donc ? Savent-ils même ce qu'ils sont en train de faire ?
J'ai l'impression qu'ils sont en train de se distraire.
Frénétiquement distraits par les jeux, par les flux d'informations, par le terrorisme.
Distraits, finalement, par les choses, par toutes les choses matérielles qu'ils possèdent et les choses immatérielles qu'on leur fait penser. Les choses les aident à se distraire.
C'est donc cela qu'ils cherchent, se distraire ?
Ma question est : que ne fait-on pas quand on est ainsi distrait ?
De même qu'un illusionniste attire notre attention sur une chose pour procéder à une manipulation a notre insu, est il possible que si peu de personnes se demandent ce que l'on est en train de (se?/nous?) faire alors que l'attention des gens est ainsi (de plus en plus) efficacement occupée ?
Est ce que cela vient de l' intérieur ou de l'extérieur? d'un groupuscule?
Il y en aurait un qu'il ne ferait pas autrement: tout le monde veut la "stabilité", le status quo, ce qui "l" 'arrangerait.
Qui se rend compte que c'est la une modalité de l'aliénation ?
Que la peur toujours plus célébrée par les terroristes, vigipirate et le chômage est aussi une modalité de l'aliénation ?
Et puis j'ai redécouvert les français râleurs qui, comme des enfants gâtés possèdent tout mais ne sont jamais contents.
A la favela au contraire, et par force (et non par choix..), ils ne possédaient pas tous ces objets. Serait-ce pas aussi pour cela qu'ils étaient plus heureux ? Ils avaient moins de distractions de l'essentiel, ils étaient plus proches de l'essentiel. Ils étaient ensemble, ils s'aimaient, et ils étaient plus heureux sans raison particulière.
J'enfonce la une porte ouverte, mais je suis forcé de le répéter.
Les gens aliènent leur temps de vie disponible au travail pour être capable de s'acheter tous les objets que l'on nous fait désirer. Mais maintenant, ce n'est plus seulement des objets Il ne s'agit pas que d'objets matériels, mais aussi d'"assurances", de choses rassurantes dans ce monde qui cultive la peur.
Est-ce la peut de la liberté fondamentale qui est au fond de tout ça ? sommes-nous devenus des experts de la fuite de notre liberté?
ahhh Que de performances... et que de questions... heureusement qu'il y a aussi le bon fromage et le bon vin.
Est ce que cela vient de l' intérieur ou de l'extérieur? d'un groupuscule?
Il y en aurait un qu'il ne ferait pas autrement: tout le monde veut la "stabilité", le status quo, ce qui "l" 'arrangerait.
Qui se rend compte que c'est la une modalité de l'aliénation ?
Que la peur toujours plus célébrée par les terroristes, vigipirate et le chômage est aussi une modalité de l'aliénation ?
Et puis j'ai redécouvert les français râleurs qui, comme des enfants gâtés possèdent tout mais ne sont jamais contents.
A la favela au contraire, et par force (et non par choix..), ils ne possédaient pas tous ces objets. Serait-ce pas aussi pour cela qu'ils étaient plus heureux ? Ils avaient moins de distractions de l'essentiel, ils étaient plus proches de l'essentiel. Ils étaient ensemble, ils s'aimaient, et ils étaient plus heureux sans raison particulière.
J'enfonce la une porte ouverte, mais je suis forcé de le répéter.
Les gens aliènent leur temps de vie disponible au travail pour être capable de s'acheter tous les objets que l'on nous fait désirer. Mais maintenant, ce n'est plus seulement des objets Il ne s'agit pas que d'objets matériels, mais aussi d'"assurances", de choses rassurantes dans ce monde qui cultive la peur.
Est-ce la peut de la liberté fondamentale qui est au fond de tout ça ? sommes-nous devenus des experts de la fuite de notre liberté?
ahhh Que de performances... et que de questions... heureusement qu'il y a aussi le bon fromage et le bon vin.
lunes, 11 de julio de 2016
retour à l'envoyeur
Résumé: à l'occasion de mon retour en ville je réfléchis sur la condition humaine et actuelle. Ensuite, élucubrations sur les quarante ans et les menues épreuves de la vie et mon expérience d'être hébergé.
Retour à l'envoyeur
Après la belle nature, il est vraiment étrange de retourner en ville. D'autant à bord d'un vélo de randonnée chargé, retour surprise. Trajet d'une heure traversant agilement le centre de la gare routière à Copacabana, après un mois et demi seulement qui m'en paraissaient bien plus. Tout familier, les raccourcis... cette ville monstrueuse est devenue mon amie. Elle change cependant si vite...
La densité m'a impressionné.
Ce que j'ai observé : dans les grandes villes on est forcé d'ignorer autrui vu la densité. Cela me semble une très mauvaise chose. Passer à côté de quelqu'un qui est dans le besoin et l'ignorer est proprement inhumain. Cette chose inhumaine est devenue normale, quotidienne, banale dans les grandes villes.
--Aussi malheureusement, on ne peut pas simplement accuser les grandes villes en tant que telles, mais plutôt la tournure des choses, disons.--
On marche donc sur la tête en niant ainsi notre naturel solidaire au quotidien. Comment ne pas devenir fou dans un tel contexte ?
En effet les gens cachent tous plus ou moins une folie honteuse.
Certes l’être humain a toujours vécu dans des temps de crise, de manques, de lutte; c'est l'art d’être humain que de survivre des crises de toutes sortes: notre nature est d’être dénaturés, et la dénaturation n'est rien d'autre qu'une modalité de la nature, puisque nous sommes la nature. Mais tout de même... où va-t-on ?
en sortant de l'ile ou j'ai logé à rio, illha da Gigoia où ont eu lieu les
40
Un jour j'ai eu quarante ans tout seul, comme un grand. Vers midi j'ai fait caca et j'ai trouvé mon caca beau. C'était un caca de personne en bonne santé. J'étais heureux de vivre. Pas du tout malheureux d'être seul. Je ne suis pas sorti de la journée.
L'étape supérieure sera de vivre heureux en mauvaise santé, comme disent les statistiques.
J'ai toujours été fasciné et amusé par la fameuse crise des quarante ans. Un moment officiel pour remettre en question son destin, et s'interroger sur le sens de sa vie. Un casier de plus dans lequel se ranger. J'attendais la crise des quarante ans de pied ferme, ayant cette impression de vivre perpétuellement en crise des quarante ans depuis au moins vingt cinq ans.
En effet depuis ce jour-là je me sens tout chose, je me dis que ça doit être l'effet de la crise.
vivre chez les autres
Depuis trois mois maintenant, je suis hébergé soit gracieusement soit contre des services divers, dans une dizaine de lieux différents à la ville et à la montagne.
Être hébergé à titre gracieux ou contre services dans nos sociétés est une expérience complexe et délicate.
De même que dans un pays étranger on doit respecter les coutumes locales, (ce qui impose un changement de références qui, prises au sérieux, entrainent un changement de paradigmes profonds et problématiques) dans une maison étrangère d'autres références font la loi. Cela demande un effacement de soi, une humilité pratique conséquente très instructive.
En ce qui me concerne la juste posture est difficile à trouver. Le sentiment de se sentir redevable est très inconfortable. (cf ma théorie du risque: sortir de la zone de confort)
A vouloir déranger le moins possible on finit par déranger par paranoïa apparente, par exemple.
encore une chose qu'on nous apprend pas à l'école. Ou si.
L'hospitalité réchauffe le coeur des deux personnes concernées, c'est un acte gagnant-gagnant. C'est l'occasion de se monter sous un jour toujours nouveau. C'est pour moi quelque chose de sacré, j'ai toujours admiré l'islam pour la place qu'il donne à l'hospitalité. Quel sentiment horrible ont du ressentir les musulmans à mentalité hospitalière en découvrant l'inhospitalité française.
Un message de la montagne
Mon ami médium me l'avait prédit: après la révélation viennent les épreuves.
Les petites épreuves qui me sont arrivées:
--Embourber la voiture d'un ami seul dans la forêt et devoir trouver la solution et rester calme (la solution est venue en aide de l'extérieur et je ne suis pas resté calme, malgré mes tentatives)
--Le lendemain mon bus de voyage qui part pendant la pause avec toutes mes affaires dedans;
--faire face à un travail très intense et résister dans le temps;
--De nombreux amis qui s'éclipsent quand j'ai besoin d'eux, et ne pas les juger malgré cela,
--Accepter de ne pas savoir où l'on va être hébergé le jour même, en transportant plusieurs sacs, dans la rue, en comptant l'argent qu'il reste.
--Dormir dans un endroit un peu pourri.
--Devoir organiser des déplacements.
--Faire des choix de dates, choisir le bon moment.
Il suffit de rester serein et de faire contre mauvaise fortune bon coeur, respirer l'air, observer la seconde, faire ce qu'il faut.
vie, santé, bonheur, chemins ouverts - santé au corps, paix dans l'esprit et amour dans le coeur, c'est ce que nous désirons à tous nos frères
Retour à l'envoyeur
Après la belle nature, il est vraiment étrange de retourner en ville. D'autant à bord d'un vélo de randonnée chargé, retour surprise. Trajet d'une heure traversant agilement le centre de la gare routière à Copacabana, après un mois et demi seulement qui m'en paraissaient bien plus. Tout familier, les raccourcis... cette ville monstrueuse est devenue mon amie. Elle change cependant si vite...
La densité m'a impressionné.
Ce que j'ai observé : dans les grandes villes on est forcé d'ignorer autrui vu la densité. Cela me semble une très mauvaise chose. Passer à côté de quelqu'un qui est dans le besoin et l'ignorer est proprement inhumain. Cette chose inhumaine est devenue normale, quotidienne, banale dans les grandes villes.
--Aussi malheureusement, on ne peut pas simplement accuser les grandes villes en tant que telles, mais plutôt la tournure des choses, disons.--
On marche donc sur la tête en niant ainsi notre naturel solidaire au quotidien. Comment ne pas devenir fou dans un tel contexte ?
En effet les gens cachent tous plus ou moins une folie honteuse.
Certes l’être humain a toujours vécu dans des temps de crise, de manques, de lutte; c'est l'art d’être humain que de survivre des crises de toutes sortes: notre nature est d’être dénaturés, et la dénaturation n'est rien d'autre qu'une modalité de la nature, puisque nous sommes la nature. Mais tout de même... où va-t-on ?
en sortant de l'ile ou j'ai logé à rio, illha da Gigoia où ont eu lieu les
40
Un jour j'ai eu quarante ans tout seul, comme un grand. Vers midi j'ai fait caca et j'ai trouvé mon caca beau. C'était un caca de personne en bonne santé. J'étais heureux de vivre. Pas du tout malheureux d'être seul. Je ne suis pas sorti de la journée.
L'étape supérieure sera de vivre heureux en mauvaise santé, comme disent les statistiques.
J'ai toujours été fasciné et amusé par la fameuse crise des quarante ans. Un moment officiel pour remettre en question son destin, et s'interroger sur le sens de sa vie. Un casier de plus dans lequel se ranger. J'attendais la crise des quarante ans de pied ferme, ayant cette impression de vivre perpétuellement en crise des quarante ans depuis au moins vingt cinq ans.
En effet depuis ce jour-là je me sens tout chose, je me dis que ça doit être l'effet de la crise.
vivre chez les autres
Depuis trois mois maintenant, je suis hébergé soit gracieusement soit contre des services divers, dans une dizaine de lieux différents à la ville et à la montagne.
Être hébergé à titre gracieux ou contre services dans nos sociétés est une expérience complexe et délicate.
De même que dans un pays étranger on doit respecter les coutumes locales, (ce qui impose un changement de références qui, prises au sérieux, entrainent un changement de paradigmes profonds et problématiques) dans une maison étrangère d'autres références font la loi. Cela demande un effacement de soi, une humilité pratique conséquente très instructive.
En ce qui me concerne la juste posture est difficile à trouver. Le sentiment de se sentir redevable est très inconfortable. (cf ma théorie du risque: sortir de la zone de confort)
A vouloir déranger le moins possible on finit par déranger par paranoïa apparente, par exemple.
encore une chose qu'on nous apprend pas à l'école. Ou si.
L'hospitalité réchauffe le coeur des deux personnes concernées, c'est un acte gagnant-gagnant. C'est l'occasion de se monter sous un jour toujours nouveau. C'est pour moi quelque chose de sacré, j'ai toujours admiré l'islam pour la place qu'il donne à l'hospitalité. Quel sentiment horrible ont du ressentir les musulmans à mentalité hospitalière en découvrant l'inhospitalité française.
Un message de la montagne
Mon ami médium me l'avait prédit: après la révélation viennent les épreuves.
Les petites épreuves qui me sont arrivées:
--Embourber la voiture d'un ami seul dans la forêt et devoir trouver la solution et rester calme (la solution est venue en aide de l'extérieur et je ne suis pas resté calme, malgré mes tentatives)
--Le lendemain mon bus de voyage qui part pendant la pause avec toutes mes affaires dedans;
--faire face à un travail très intense et résister dans le temps;
--De nombreux amis qui s'éclipsent quand j'ai besoin d'eux, et ne pas les juger malgré cela,
--Accepter de ne pas savoir où l'on va être hébergé le jour même, en transportant plusieurs sacs, dans la rue, en comptant l'argent qu'il reste.
--Dormir dans un endroit un peu pourri.
--Devoir organiser des déplacements.
--Faire des choix de dates, choisir le bon moment.
Il suffit de rester serein et de faire contre mauvaise fortune bon coeur, respirer l'air, observer la seconde, faire ce qu'il faut.
vie, santé, bonheur, chemins ouverts - santé au corps, paix dans l'esprit et amour dans le coeur, c'est ce que nous désirons à tous nos frères
martes, 7 de junio de 2016
500 - destin du voyage - voyage du destin
Résumé: Je commente quelques caractéristiques de mon voyage ce qui m'amène à une réflexion sur le sens de nos vies et la manière dont la société les détermine. Je conclus sur une anecdote survenue au cours d'un retour en un arrière geographique inattendu que je fais.
Mon premier demi-millier de kilomètre se complète pile en arrivant chez le nouvel ami franco-italien qui m'héberge. Plus de la moitié de ces cinq cents kilomètres pour mes déplacements locaux. Cinq cents kilomètres en un mois et demi.
Cinq cent kilomètres, c'est la distance qu'un voyageur à vélo fait normalement en une semaine. J'étais parti pour faire de la route, mais je suis resté un mois et demi pratiquement au même endroit. Je dois me rendre à l'évidence: je ne fais pas exactement un voyage à vélo.
Cependant le vélo n'est pas une excuse, il est mon centre, ma femme (en portugais du brésil le surnom du vélo est "la maigrichonne"), ma maison, mon pays. Quand je monte sur mon vélo je me sens toujours bien, là où je devrais être, et toujours moi-même. Le vélo me nettoie et m'équilibre, il me recentre.
Le vélo est mon laboratoire, mon centre de recherches. J'ai décidé de partir à la recherche du présent, et de tenter de me mettre à disposition du destin pur, dépouillé des déterminations sociales, des devoirs, des schémas.
Pas de plan, pas de projet défini, chose très difficile. Avoir un objectif semble être un impératif catégorique absolu inévitable. Quelle chose intrigante. Comme si du moment que l'on est un être humain digne de ce nom, il fallait toujours absolument avoir un objectif, sans quoi on risquerait... une espèce de destructuration qui effraye tout le monde...
Nous sommes guidés par la peur. La société nous programme pour planifier, fixer des objectifs à atteindre, pour vouloir des choses particulières qu'elle nous offre par ailleurs. Se préoccuper du passé, se préoccuper du futur... "savoir" où l'on "va". Comme si l'on savait quoi que ce soit, comme si l'on allait quelque part. La société nous donne des plans de vie que nous devons choisir. Telle carrière, tel plan familial, tel loisir qui va nous occuper.
Parent, compagnon, employé, libéral, membre, abonné, fonctionnaire: il faut avoir sa fonction. Il faut choisir sa case. En réalité mon destin s'est fait par défaut, je n'ai pas réussi à choisir, aucune option ne m'a convaincue. Qu'il est difficile de sortir de tout cela. "Mais que va-t-on penser de toi ?" me rappelle-t-on gentiement à l'ordre. La société fait pression, elle nous distille ses peurs, (du futur, du présent, des autres) des angoisses, pour nous vendre leur remède; et comme par hasard, il faut donner son temps de vie disponible en échange.
(Hypothèse : On nous fait peur pour nous désunir, nous sommes toujours sur la défensive, alors qu'il serait si simple et naturel de s'aimer.)
On nous offre l'occupation qui va nous rendre malade, on nous offre la maladie et les remèdes. Travaille ici ! Repose toi là ! Fais toute la vie la même chose ! paufine ta carrière ! Fatigue-toi avec ceci ! distraie-toi avec cela. Mais les remèdes fonctionnent mal, alors il faut toujours en acheter de nouveaux. Et pour les acheter, il faut travailler. On nous vole notre temps, pour nous éloigner de Dieu, c'est à dire de nous mêmes.
Dans cette mise à disposition que je me suis proposé, c'est Dieu qui est venu à ma rencontre. Il était déjà avec moi, sans que je le sache, j'y étais déjà arrivé par l'humanisme.
Important : Qui veut faire le bien et tente de le faire sincèrement et sans violence est déjà avec Dieu. Le reste importe peu.
Je ne suis pas contre le travail. Je n'ai jamais autant travaillé depuis que j'ai arrêté de travailler. Les retraités le savent.
Je ne suis pas contre la société et je veux rester avec mes frères et soeurs. Je raconte simplement mon voyage à l'extérieur d'une certaine société. Tout cela est ma propre expérience qui correspond à mon propre destin. C'est mon chemin.
Ceci dit quelque chose attire mon attention, c'est le nombre de gens qui m'envient et qui ont la sincérité de me le dire. Cela m'amène à penser qu'il serait bon pour chacun (celui qui le souhaite) de sortir au moins une fois dans sa vie des structures de fonction de sa propre vie, type pèlerinage à St Jacques de Compostelle. Mais ce dernier est devenu lui-meme une terrain battu où l'on reste en sécurité. Il faudrait quelque chose qui fasse vraiment sortir chacun de sa zone de confort. Il n'est pas nécessaire d'aller loin, voyager c'est simplement sortir de sa maison, sortir de ses habitudes au moins une fois, chercher qui l'on est à l'extérieur de toutes ces habitudes et structures qui nous disent qui l'on est.
C'est plus facile qu'on ne le pense.
Je me demande ce que signifie cette envie des gens à l'égard de mon voyage libre. Peut être que nos vies modernes sont trop engagées, formatées, compromises, complexes. Elles ferment beaucoup de possibilités de nouveauté, de surprise, de magie.
En ce sens, mon voyage n'est que partiel, car je suis encore encombré d'un tas d'habitudes. Me dépouiller de toutes les déterminations, me purifier sera la longue démarche.
++++++++++++++++
Le plan matériel.
Comme on le rappelle à l'église, il ne faut pas oublier le plan matériel.
Il m'a rappelé pour un travail, rémunéré celui-ci, à Rio.
Je dis un adieu temporaire à l'église chérie qui a vu ma conversion, et dans les vestiaires de laquelle j'avais déposé mes affaires pour un trajet de retour
Voici mon église chérie au moment de mon départ de cette sainte montagne...
J'y cours avec joie, je descends la magnifique montagne par l'autre côté.
pause déjeuner-pic-nic:
En descendant la montagne je vois ça:
Ensuite je prends le bus en bas de la montagne pour aller à Rio et je vois ça.
++++++++++++++
aventure de bus.
sur le trajet un incroyable cauchemar se produit. Pendant que je vais acheter de l'eau et des cochonneries à manger, le bus est parti sans m'attendre. Il n'est plus là, sa place est vide. Expérience d'incroyable, sentiment d'irréel. Je demande à des gens: "mais le bus qui était là... il est parti ? dans quelle direction ?" Dans le bus il y a mon vélo, mes documents, mon téléphone, toutes mes affaires. J'ai dans la main ma carte de crédit, mon porte monnaie, et des biscuits ridicules.
Je décide de courir de toutes mes forces dans sa direction. Sans avoir de solution définie, je me dis qu'il faut y croire et je tente de ne pas me décourager tout en pensant à mes affaires. Combattant la panique par ma nouvelle confiance en le destin, je trouve la situation amusante. Je me donne entièrement dans la force de la course. Je devine mon bus à quelques centaines de mètres. il s'arrète à un feu rouge, j'espère l'atteindre mais il repart. Je pense sauter dans un taxi pour le rejoindre mais il n'y en a pas. Je traverse des voies rapides en ménageant rapidité et sécurité. Je trouve mon corps svelte et puissant, disponible. Je trouve cette course belle, cinématographique, je m'amuse. après 500mètres environ vois le bus faire demi-tour. je continue à y croire. Je cours en retour vers la gare routière, toujours aussi vite que je peux. C'est vrai, il est revenu me chercher. C'est une vieille qui a signalé mon absence au chauffeur. J'avais échangé quelques mots avec cette vieille femme et avais comme remarqué quelque chose de spécial en elle, je l'avais trouvée comme très belle, d'un rayonnement particulier. je ne sais en dire plus. Un soulagement savoureux, mes biscuits sont délicieux.
++++++++++++++++++++
ensuite le fameux pont qui traverse la baie de Rio pour un retour inattendu vers cette ville magnifique et horrible. Son approche m'émeut toujours. Je vois ça
(vidéo)
++++++++++++++++
et voilà le plan matériel.
lunes, 30 de mayo de 2016
Daime dansé
Je viens de voir un oiseau d'un rouge d'une intensité que je n'avais jamais vue dans ma vie. Il avait seulement les deux ailes noires...
Il y a eu une série de travaux spirituels à l'église que j'ai senti devoir suivre.
Mercredi c'était mon dixième travail avec l'ayahuasca et j'ai encore découvert et compris beaucoup de choses.
Cela était réalisé à l'occasion d'une visite d'un groupe de musiciens descendants de la famille de mestre Irineu, le fondateur de la doctrine.
Le Daime a été fondé dans les années 30 par Mestre Irineu, un petit fils d'esclave, de deux mètres, qui a eu l'idée fantastique de combiner christianisme et usage rituel indigène de l'ayahuasca.
Venus d'amazonie, ce groupe apportait ce mercredi leur propre ayahuasca d'amazonie, dite "de premier degré", plus concentrée, la version originelle du maitre fondateur. Elle n'avait pas le gout sucré comme d'habitude et était gazeuse. Une dose classique et je ne sens pratiquement aucun effet psychoactif durant les 4 premières heures. Ensuite on me donne un verre énorme que j'ingurgite avec un frisson de crainte de ce qui va se passer, mais c'est ainsi, il faut risquer dans la vie me dis-je.
++++++++++++++++++++
parenthèse: théorie du risque
Risquer, pas seulement pour s'amuser, mais pour jouer. Jouer, cela me semble être la chose la plus sérieuse, puisque la vie est un jeu. vivre c'est jouer (=pratiquer (nous sommes des esprits qui pratiquent)) et jouer c'est vivre. Je veux jouer beaucoup pour vivre beaucoup, pour évoluer plus rapidement. Pour jouer beaucoup il faut risquer beaucoup. Il me semble que si l'on "assure" au lieu de risquer on vit, donc évolue moins. Qui a peur (pour moi) manque de foi. Évidemment tout cela doit se faire avec discernement. Sachant qu'il y a mille modalités de risque évidemment, chacun peut risquer à sa manière. Risquer est sortir de sa zone de confort, me semble-t-il.
+++++++++++++++++++++++++++++
C'était un travail de Daime "classique" dansé.
voilà à quoi cela ressemble: un exemple similaire, en moins "rustique" que là où j'étais.
https://m.youtube.com/watch?v=8gWITxfFHlA
C'est un rité étrange que de danser ainsi, c'était mon cinquième dansé. J'ai mis un moment à comprendre ce rituel et encore je ne le comprends qu'en partie.
Quand j'écris "comprendre" il faut lire qu'il s'agit d'une "compréhension" "sensitive", non rationnelle. Ceci dit, voici la face "rationnelle", verbalisabe, explicable que je peux donner de la chose. Il s'agit de mon interprétation personnelle de ce qui se passe.
Je crois qu'il s'agit en fait d'un exercice pratique de sortie de son soi individuel et de perception de l'unité fondamentale du vivant. C'est donc une expérience allégoriquement (ou réellement...) extatique. Il s'agit pour cela d'anihiler provisoirement son identité, son moi, son ego, pour se fondre dans une masse unitaire, comme un banc de poissons. Reconnaître et mettre en pratique que l'on est (qu') une goutte d'eau dans l'océan de la vie.
Au début, il y a quelques mois quand j'ai découvert cela, j'ai été pour tout dire effrayé par le côté militaire, les uniformes, la séparation des sexes. Et puis j'ai compris. Tout cela pour aider la concentration, et pratiquer visuellemet l'unité (ou dualité justement pour les espèces sexuées) de la vie.
Ce qu'il y avait d'individuel, de particulier, de rebelle en moi, ce qui constituait (constitue) une partie essentielle de mon individualité a eu beaucoup de difficulté à me laisser accepter de "jouer le jeu".
Les tous premiers moments de la première fois il y a quelques mois, j'ai même fait ma propre danse à coté ! et on m'a à peu près laissé faire. Ensuite je jouais le jeu mais en moi je trouvais cela comme ridiculeusement conformiste. Cependant ce qui attirait mon attention était le fait que tous les participants ont une caractéristique fondamentale, qui est le point commun que nous avons à l'église: nous sommes des libres penseurs, des rebelles, tous ceux (y compris probablement vous, qui me lisez) qui n'ont pas simplement absorbé les valeurs qui les entouraient mais ont questionné les choses pour remuer la vase, me semble-t-il.
Des anticonformistes qui se conforment rituellement avec beaucoup de rigueur, quoi de plus intrigant.
C'est une pratique d'humilité : Pour se conformer comme cela il faut être humble, de fait.
Quand je disais que le Daime dansé est un exercice pratique de perception de l'unité fondamentale du vivant, c'est basé sur l'idée de l'unité de la vie.
En tant qu'individus, nous ne sommes qu'un rassemblement provisoire d'éléments de vie.
Cela implique : en réalité, nous ne sommes rien comme individus. Nous ne sommes que des véhicules de l'énergie, de l'amour, des esprits, de Dieu.
Dans le Daime dansé, il s'agit donc de percevoir, sentir, voir simplement (aussi avec les yeux) l'énergie, l'amour fondamental, Dieu.
C'est donc rien moins qu'une allégorie, une représentation de Dieu.
Il s'agit aussi d'unir ses énergies entre frères et soeurs pour sentir l'amour, cultiver la lumière et "travailler" pour soi, sa famille et amis incarnés et désincarnés, son peuple, les humains, la vie.
+++++++++++++++++
Quelquefois, moi aussi comme la majorité d'entre vous formaté de culture médiatique française contemporaine, je pense à la question de la "secte" et de ses dérives. Alors je passe en revue les critères, et pour rassurer certains, je peux citer quelques éléments. La majorité des membres ont leur vie privée familiale et professionnelle séparée de l'église. D'ailleurs à première vue beaucoup connaissent un certain succès professionnel, probablement du fait de l'épanouissement personnel. Durant les cérémonies, des participants il y a environ une centaine de "membres" (qui payent une mensualité modique pour les frais) et une cent-cinquantaine de visitants de partout, du monde entier d'ailleurs. Il n'y a pas de murs, de séparation, de coupure du monde: tout le monde est accepté d'entrer et sortir et de pratiquer ses propres rites. Il n'y a aucun dogme. Seulement une invitation à agir pour le bien. Pour ceux qui désirent consommer de l'ayahuasca, un entretien est demandé pour savoir si l'on est apte, parce que ce produit est dangereux pour les personnes fragiles.
+++++++++++++++++++++
Ensuite, il y a eu mon onzième Daime, des hymnes chantés assis, où j'ai très peu senti la "force", comme on l'appelle, de l'ayahuasca, ce qui ne m'a pas empeché de profiter de la beauté des messages et des chants.
+++++++++++++++++++
C'est au cours de mon douzième "travail" que j'ai finalement accompli le voyage inouï. Je ne peux plus douter. Je vais continuer à méditer et à prier.
+++
Le "preto velho", le "vieux noir" me l'a dit :il n'y a pas de mystère ni de miracle, Dieu est une énergie d'amour. Il faut pratiquer la foi. Tout est question de volonté.
Il y a eu une série de travaux spirituels à l'église que j'ai senti devoir suivre.
Mercredi c'était mon dixième travail avec l'ayahuasca et j'ai encore découvert et compris beaucoup de choses.
Cela était réalisé à l'occasion d'une visite d'un groupe de musiciens descendants de la famille de mestre Irineu, le fondateur de la doctrine.
Le Daime a été fondé dans les années 30 par Mestre Irineu, un petit fils d'esclave, de deux mètres, qui a eu l'idée fantastique de combiner christianisme et usage rituel indigène de l'ayahuasca.
Venus d'amazonie, ce groupe apportait ce mercredi leur propre ayahuasca d'amazonie, dite "de premier degré", plus concentrée, la version originelle du maitre fondateur. Elle n'avait pas le gout sucré comme d'habitude et était gazeuse. Une dose classique et je ne sens pratiquement aucun effet psychoactif durant les 4 premières heures. Ensuite on me donne un verre énorme que j'ingurgite avec un frisson de crainte de ce qui va se passer, mais c'est ainsi, il faut risquer dans la vie me dis-je.
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parenthèse: théorie du risque
Risquer, pas seulement pour s'amuser, mais pour jouer. Jouer, cela me semble être la chose la plus sérieuse, puisque la vie est un jeu. vivre c'est jouer (=pratiquer (nous sommes des esprits qui pratiquent)) et jouer c'est vivre. Je veux jouer beaucoup pour vivre beaucoup, pour évoluer plus rapidement. Pour jouer beaucoup il faut risquer beaucoup. Il me semble que si l'on "assure" au lieu de risquer on vit, donc évolue moins. Qui a peur (pour moi) manque de foi. Évidemment tout cela doit se faire avec discernement. Sachant qu'il y a mille modalités de risque évidemment, chacun peut risquer à sa manière. Risquer est sortir de sa zone de confort, me semble-t-il.
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C'était un travail de Daime "classique" dansé.
voilà à quoi cela ressemble: un exemple similaire, en moins "rustique" que là où j'étais.
https://m.youtube.com/watch?v=8gWITxfFHlA
C'est un rité étrange que de danser ainsi, c'était mon cinquième dansé. J'ai mis un moment à comprendre ce rituel et encore je ne le comprends qu'en partie.
Quand j'écris "comprendre" il faut lire qu'il s'agit d'une "compréhension" "sensitive", non rationnelle. Ceci dit, voici la face "rationnelle", verbalisabe, explicable que je peux donner de la chose. Il s'agit de mon interprétation personnelle de ce qui se passe.
Je crois qu'il s'agit en fait d'un exercice pratique de sortie de son soi individuel et de perception de l'unité fondamentale du vivant. C'est donc une expérience allégoriquement (ou réellement...) extatique. Il s'agit pour cela d'anihiler provisoirement son identité, son moi, son ego, pour se fondre dans une masse unitaire, comme un banc de poissons. Reconnaître et mettre en pratique que l'on est (qu') une goutte d'eau dans l'océan de la vie.
Au début, il y a quelques mois quand j'ai découvert cela, j'ai été pour tout dire effrayé par le côté militaire, les uniformes, la séparation des sexes. Et puis j'ai compris. Tout cela pour aider la concentration, et pratiquer visuellemet l'unité (ou dualité justement pour les espèces sexuées) de la vie.
Ce qu'il y avait d'individuel, de particulier, de rebelle en moi, ce qui constituait (constitue) une partie essentielle de mon individualité a eu beaucoup de difficulté à me laisser accepter de "jouer le jeu".
Les tous premiers moments de la première fois il y a quelques mois, j'ai même fait ma propre danse à coté ! et on m'a à peu près laissé faire. Ensuite je jouais le jeu mais en moi je trouvais cela comme ridiculeusement conformiste. Cependant ce qui attirait mon attention était le fait que tous les participants ont une caractéristique fondamentale, qui est le point commun que nous avons à l'église: nous sommes des libres penseurs, des rebelles, tous ceux (y compris probablement vous, qui me lisez) qui n'ont pas simplement absorbé les valeurs qui les entouraient mais ont questionné les choses pour remuer la vase, me semble-t-il.
Des anticonformistes qui se conforment rituellement avec beaucoup de rigueur, quoi de plus intrigant.
C'est une pratique d'humilité : Pour se conformer comme cela il faut être humble, de fait.
Quand je disais que le Daime dansé est un exercice pratique de perception de l'unité fondamentale du vivant, c'est basé sur l'idée de l'unité de la vie.
En tant qu'individus, nous ne sommes qu'un rassemblement provisoire d'éléments de vie.
Cela implique : en réalité, nous ne sommes rien comme individus. Nous ne sommes que des véhicules de l'énergie, de l'amour, des esprits, de Dieu.
Dans le Daime dansé, il s'agit donc de percevoir, sentir, voir simplement (aussi avec les yeux) l'énergie, l'amour fondamental, Dieu.
C'est donc rien moins qu'une allégorie, une représentation de Dieu.
Il s'agit aussi d'unir ses énergies entre frères et soeurs pour sentir l'amour, cultiver la lumière et "travailler" pour soi, sa famille et amis incarnés et désincarnés, son peuple, les humains, la vie.
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Quelquefois, moi aussi comme la majorité d'entre vous formaté de culture médiatique française contemporaine, je pense à la question de la "secte" et de ses dérives. Alors je passe en revue les critères, et pour rassurer certains, je peux citer quelques éléments. La majorité des membres ont leur vie privée familiale et professionnelle séparée de l'église. D'ailleurs à première vue beaucoup connaissent un certain succès professionnel, probablement du fait de l'épanouissement personnel. Durant les cérémonies, des participants il y a environ une centaine de "membres" (qui payent une mensualité modique pour les frais) et une cent-cinquantaine de visitants de partout, du monde entier d'ailleurs. Il n'y a pas de murs, de séparation, de coupure du monde: tout le monde est accepté d'entrer et sortir et de pratiquer ses propres rites. Il n'y a aucun dogme. Seulement une invitation à agir pour le bien. Pour ceux qui désirent consommer de l'ayahuasca, un entretien est demandé pour savoir si l'on est apte, parce que ce produit est dangereux pour les personnes fragiles.
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Ensuite, il y a eu mon onzième Daime, des hymnes chantés assis, où j'ai très peu senti la "force", comme on l'appelle, de l'ayahuasca, ce qui ne m'a pas empeché de profiter de la beauté des messages et des chants.
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C'est au cours de mon douzième "travail" que j'ai finalement accompli le voyage inouï. Je ne peux plus douter. Je vais continuer à méditer et à prier.
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Le "preto velho", le "vieux noir" me l'a dit :il n'y a pas de mystère ni de miracle, Dieu est une énergie d'amour. Il faut pratiquer la foi. Tout est question de volonté.
domingo, 29 de mayo de 2016
martes, 24 de mayo de 2016
Travail d'Umbandaime
C'était dimanche. Je n'avais jamais vu de rituel, de fete, de réunion entre humains si beau, intrigant et significatif.
Le principe de l'Umbandaime est l'appel d'entités archétypiques, et leur incorporation par les médiums, "facilitée" (d'après ce que je comprends) par l'usage de l'ayahuasca.
Le rite a duré pratiquement dix heures. Il a commencé à 11h du matin et s'est terminé un peu avant 21h. Environ 200 personnes étaient présentes dans l'église octogonale. C'était simplement magnifique.
En entrant la beauté m'a profondément ému: tout le monde habillé de blanc chantant ces hymnes. (malheureusement contrairement au Daime, on n'a pas les paroles et vu que je les connaissais pas je n'ai pas pu chanter et je ne comprenais pas toujours.)
Ce spectacle en soi était ensorcelant. J'attendais l'effet de l'ayahuasca en essayant de ne pas penser. Comme dans la méditation, la consigne est d'interrompre son mental, et comme dans la méditation, c'est la chose la plus difficile. Surtout pour nous européens qui sommes formatés de rationalité et d'athéisme. Le thé aide. J'ai compris pourquoi les sexes sont séparés, peut etre pour que le désir n'entrave pas la concentration.
Quelques dizaines de médiums se sont mis à incorporer, chacun leur entité, circulant au milieu de la pièce. Il prennent la posture de leur entité, certains éclatent de rire, d'autres frappent le sol de leur canne
d'autres soufflent, sifflent, font des grimaces étonnantes, certains portent des éléments de costumes de leur entité. Les gens qui n'incorporent pas sont sur les bords, regardent en chantant et battant des mains pour accompagner le rythme des tam-tams. Presque tout le monde a des pouvoirs médiumniques et peut incorporer. Il y a ceux qui incorporent complètement, d'autres seulement un peu...
Il y a des moments spécifiques pour l'incorporation de certaines entités qui sont appelées successivement, mais toutes peuvent intervenir à tout instant.
Puis j'ai commencé à pleurer: c'était ma tristesse de la solitude qui ressortait. Un médium au moment m'a appelé, c'était caboclo, l'homme de la foret.
lui: si tu es avec Dieu tu n'es pas seul, il m'a dit que lui meme vivait seul et heureux avec ça. Ma tristesse est un manque de reconnaissance, une forme d'ingratitude. Il faut faire un pas vers Dieu, cela signifie pratiquer. Chaque matin en me levant regarder le ciel et remercier Dieu d'exister. Il m'a manipulé, a dit que j'étais en bonne santé. Il souriait, riait en me parlant et me regardant fixement. Je n'arrivais pas à m'arreter de pleurer. J'ai demandé si je devais sortir pour ne pas déranger les autres, il a éclaté de rire. Il m'a dit d'observer ce qui se passait en moi durant la séance et d'aller lui parler à la fin.
Durant un chant j'ai réussi à me laisser aller, à ne pas penser. Je crois que j'ai commencé à incorporer quelque chose. Le mouvement était léger, comme si une danse s'emparait de mon corps qui gagnait une forme d'autonomie. il était très agréable de me laisser aller à ces mouvements et donnait un plaisir physique, une torpeur comme le plaisir de l'amour physique. Je pouvais arreter à tout instant en reprenant le controle par mon mental. Mais il était si bon de se laisser aller, finalement je réussissais. J'ai comme bien senti la différence entre le mental et le spirituel.
Il y a eu une pause, on va alors manger à la cantine. Je rencontre une française, institutrice de Montpellier à la retraite en vacances dans une communauté isolée.
Les phases du rite se succédaient, je ne comprenais rien. Beaucoup de choses se passaient. par moments une bonne soixantaine de personnes incorporaient en meme temps. c'était impressionnant, cela aurait pu etre effrayant.
Le rite du jour était dédié au "preto velho", le vieux noir (en comémoration de l'aniversaire de l'abolition de l'esclavage, une semaine avant). C'est le vieux noir esclave qui a souffert toute sa vie mais est serein, c'est la figure de la sagesse acquise par la souffrance. Ceux qui l'incorporent marchent courbés comme des vieux et utilisent parfois une canne. Différents médiums qui l'incorporent sont assis au centre, fumant la pipe, crachant. On demande à qui s'occupe d'eux de les consulter, on est mis sur une file d'attente et on va leur parler. On peut alors demander conseil à l'esprit, l'entité. Une anglaise m'avait recommandé une médium en particulier qui parait-il est très puissante. J'ai parlé des voix que j'avais entendu en moi, j'ai parlé de ma tristesse et de ma solitude, de mes doutes sur Dieu. J'ai entendu les paroles les plus sages de ma vie. Je savais tout ce qu'elle a dit, mais l'ensemble faisait sens, et surtout je le sentais. J'ai senti la cure. L'entité me regardait fixement, serrait ma main, appuyait parfois sur mon coeur. Il m'a donné le soin : quelques mots que je dois répéter chaque jour en me réveillant. J'ai senti la force, un amour incroyable.
J'étais en pleine force du thé, que l'on appelle Daime, qui me provoquait des baillements étranges.
Ensuite je mourrais de froid. Je suis allé au vestiaire mettre un pantalon sous le pantalon blanc que Manu, mon nouvel ami français m'a preté.
quand je suis revenu il y avait une session de capoeira. Moi qui n'amait pas la capoeira avant... voir des danseurs sous ayahuasca incorporés et dansant, avec des gestes mystérieux, c'était subjugant. j'étais obligé de danser aussi, discrètement en les regardant, pour ne pas mourir de froid. Je ne sais pas pourquoi j'avais si froid. Tout le monde était en meme temps en harmonie et synergie dans la force du Daime, dans une joie inouïe.
Vers la fin ils ont invoqué l'entité des enfants. Des dizaines se sont mis à incorporer des enfants et à se comporter comme eux, faisant des gestes, des plaisanteries, des grimaces, prenant des sucettes, se dérobant des pots de miel. laissant sortir l'enfant en eux, invitant l'enfant dormant en chacun de nous. J'ai vu de vrais enfants ahuris de voir des adultes, voire leur propre parent, se comporter comme eux de forme caricaturale. Ils invitaient les autres à sauter et danser, des rondes se formaient, presque tout le monde dansait. Les paroles des chansons sont si pertinentes. à la fin quelques messages sont donnés, une ode à la liberté est lue. Je larmoie d'émotion, je n'en crois pas mes yeux de tout cela.
On se salue en se prenant dans les bras, j'embrasse le plus de gens possible.
Je n'ai pas envie de partir de l'église. Je demande à aider. Je vais nettoyer les toilettes des femmes. A la fin il reste un homme d'une cinquantaine d'annés qui en parait 10 de moins. Je l'avais remarqué au feitio pour sa beauté et la puissance rayonnante de son corps. Il me parle de l'église, de ses 30 ans de Daime, de son enfance comme orphelin et enfant des rues de Rio de 9 à 16 ans. Maintenant il est riche d'amour, de Dieu. Il passe la moitié de son année aux états unis. Je rentre à vélo vers minuit je fais les quelques kilomètres de route en descente. Pas la peine de phare, c'est la pleine lune. Je roule trop vite, je me fais peur. Je me rends compte que j'ai laissé passer l'entrée du chemin de terre que je dois prendre. A l'endroit exact où je fais demi-tour,au bord de la route, il y a un clochard qui dort. Je demande tout doucement s'il a besoin de quelque chose. Il se réveille et me répond "évidemment, je n'ai rien!". Je lui donne la moitié de ma nourriture et 10 reais. Il me dit: "que Dieu te bénisse".
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