martes, 6 de enero de 2009

llegando a 2009

El primer de enero de 2009 (Buen año nuevo!) me mudé en esta casa magnifica:
Le premier janvier 2009 (Bonne année !) j’ai déménagé dans cette maison magnifique:



primer vecino a 100metros premier voisin à 100m.

solo bosques alrededor entouré de forêts

muchas plantas lindas beaucoup de belles plantes comme ce philodendron il y en a sur la moitié des arbres

una casualidad, una suerte

Un hasard, une chance : un ami de Rojo (à qui je venais de dire que je voudrais bien vivre entouré de verdure) cherchait quelqu’un pour loger dans sa maison de famille inhabitée, il souhaitait une personne assez flexible (entre autres pour pouvoir lui-même disposer du lieu comme garçonnière si j’ai bien compris). Abandonnée par le dernier locataire il y a six mois, des voleurs commençaient à la piller.
Quand je l’ai visitée j’ai été immédiatement séduit par le lieu qui m’a paru vraiment inspirant. Surtout le vaste jardin arboré, la terrasse, la tranquillité. Finalement une merveilleuse opportunité de passer l’été au calme, entouré de jungle, occupé par de multiples bricolages.

Jardin d'environ 80 X 80m. Il y a l’eau (froide) (un puis remplit un réservoir) et l’électricité, même la possibilité de s’abonner au téléphone.
Pablo, le propriétaire, qui a construit cette maison dans les années 80 avec son père, y a passé sa jeunesse ; il en voulait en l’état 300pesos/mois (60euro) ; j’ai négocié le prix le premier jour à 250 pesos, puis une semaine après, j’ai renégocié à gratuit, en échange des travaux de rénovation dont je me suis rendu compte de l’ampleur en m’installant sur place. Il s’agit de nettoyer, réparer, notamment sécuriser les fermetures, et entretenir le tout.
Pablo, Le propriétaire, n’est pas seulement conciliant, c’est un ami d’ami fiable, sympathique et intéressant. Père de famille, mécanicien de formation, il a profité de ses trois ans de prison (accusé d’avoir transporté quatre tonnes d’herbe) pour faire des études de droit, a reçu son diplôme d’avocat un an après sa sortie, il y a deux ans, il est maintenant en train d’installer son cabinet en ville.
La maison possède cinq chambres, fait dans les 200 mètres carrés, de brique et de bois, en arrivant beaucoup de poussière et araignées, et cette ambiance de désolation et de situation approximative que j’affectionne.
(les photos montrent l'état quand je suis arrivé)

D’ameublement, il n’y a quasiment qu’une table et deux chaises disposées sous la terrasse couverte où je vis la plupart du temps.

Une maison vide : ni commodité, ni meuble, je dors sur un tapis de sol à même le carrelage, standing de camping dans une maison de luxe. Tout est à construire, à bricoler, à récupérer, comme à Eldorado en général, comme en Amérique latine en général. Pas de gazinière, mais un grill de faction artisanale mais assez perfectionnée (qui permet notamment de disposer un toit de tôle de plusieurs manières en fonction du vent). (La cuisine argentine est finalement assez pauvre : grillades, pizzas, empanadas ; mais pour cela ils ont une culture du grill assez perfectionnée et on voit souvent dans les maisons des dispositifs assez élaborés.) Je fais des grillades tous les soirs (je consomme désormais du maté et de la viande tous les jours).
La maison se situe à 5km du centre soit environ un quart d’heure de vélo dans une zone peu habitée. Sur le chemin de terre qui y mène, il y a après la maison une petite fabrique de briques, de sorte que le seul passage auquel j’assiste est celui de la fiat 127 du patron avec ses deux ouvriers, quatre fois par jour, et parfois camion antédiluvien entièrement rouillé qui passe chargé de briques.
Ma joie est grande, puisque j’ai enfin la vie champêtre que je me souhaitais.
Je me suis acheté une machette

avec laquelle je commence à percer des sentiers depuis le jardin dans la forêt.
Hier en allant me chercher un manche a balai dans la bambouseraie qui est dans le bois contigu au jardin je me suis perdu, tant la forêt est dense, seulement à 200m.a vol d'oiseau de la maison que j'avais laissée ouverte, brève sueur froide.
Je m’étais dit qu’il serait bon d’avoir un chien. Que vois-je au fond du jardin en me levant le « matin » du deuxième jour, soit le premier janvier ?
Un chien en train de se nourrir des mes excréments œuvrés la veille au fond du jardin (en effet les toilettes de la maison ont été volées, depuis Pablo a installé une autre cuvette). Une première approche de chien battu. Ici les chiens plus ou moins errants ont toujours l’air de chiens battus : c’est qu’ici les hommes sont des batteurs de chiens. Affamé est peu dire. Je n’ai jusqu’à ce jour jamais réussi à rassasier complètement ce chien (au début il a dévoré jusqu’à mes deux savons quand j’avais le dos tourné), mais il est tout de même resté, a pris place sur le bout de linge que je lui ai disposé. (En souvenir de notre rencontre, je l’ai appelé scheisse.)

Il a l’air du vieux filou qu’il doit être, et, quelle chance, il est gardien, dès le deuxième jour il s’est mis à aboyer entendant une présence quel hasard il aboie au moment où j’écris. J’aime ces relations libres avec les animaux où ce sont eux qui vous choisissent, et eux qui décident du niveau de dépendance et de la période qu’ils vous accordent. On ne les « possède » ainsi pas, la relation est plus égalitaire, disons qu’on entretient une relation.
Scheisse a rapidement ramené un ami, plus peureux, aussi maigre, poil long, trop grand, assez maladroit, il ressemble parfois étrangement à un humain. Puisque je les nourris généreusement, ces chiens ont l’air d’être disposés à rester.
Etant donné l’isolation je m’attends à ne pas recevoir de visite mais j’ai eu des visites tous les cinq premiers jours, notamment Pablo le propriétaire venant apporter du matériel (mais il a peu d’argent, la rénovation doit donc se contenter d’un budget quasi nul.), notamment Denies et Cesar venus me chercher hier soir en voiture pour une « virée en ville ». Dans ce genre de situation, -et c’est bien pour cela qu’y participer est un devoir- je sais que c’est le moment de se laisser couler au folklorisme de l’événement, mais dans la voiture ils avaient mis de la musique cumbia fort et ils interpellaient des filles dans la rue d’une manière que je considère irrespectueuse mais je me demande encore si en tant que code il y a comme une neutralité morale et la fille ne serait pas lésée ; mais je sais que de toute manière ma lecture est biaisée en tant qu’étranger au codes dans leur détails. C’est ainsi quand on est étranger dans une culture : on sait que toute appréciation est systématiquement biaisée, on ne pourra jamais vivre la chose d’ici comme les gens d’ici ni la comprendre vraiment. Il y a toujours ce décalage perpétuel fluctuant. (ce décalage qui inclut un choc de codes doit être dépassé de fait par une morale qui, de fait, inclut les deux codes dans un autre système de codes)
Evidemment il n’y a plus qu’à utiliser le biais et faire voyager les gens d’ici en leur présentant d’autres modèles. Si j’exprime mes scrupules à éventuellement déranger la jeune fille mes compères soit éclatent de rire soit perplexes me disent que non c’est un jeu inoffensif ; comment savoir.
Quand je leur ai dit qu’en Allemagne les hommes urinent assis ils ont aussi beaucoup ri et ont dit qu’ils ne feront jamais ça de leur vie et que décidément l’Europe produit une culture bizarre folle et décadente dont je suis systématiquement le représentant fatigué.

L’avant-veille de mon déménagement dans la fiat blanche d’Alicia, soit le mardi30décembre2008, je visitais les chutes d’Iguazu.
De 11h à 18h, sept heures dans le parc immense qui suffisent à peine pour réaliser les principaux parcours.
Je confirme que c’est quasi bouleversant. Le lieu a plus qu’un charme, il a un rayonnement particulier (enfin difficile à distinguer(la cause de l’effet), mais c’est aussi de cette manière qu’en parlent les gens : « ah tu es allé à Iguazu ! », tout le monde est vraiment particulièrement charmé et les visites en ce lieu ont implicitement quelque chose d’un rituel. Difficile à expliquer cette sensation d’assister au sublime de la nature c’est-à-dire au sublime, ceci ornementé d’un peuple d’animaux sympathiques.
Concrètement, on circule la plupart du temps sur des passerelles sur la jungle ou sur l’eau au bord des cascades, puis en bas, puis accès à une île par bateau, beaucoup de distance sous le soleil et exactement 37°à l’extérieur du corps aussi.
Donc ces chutes qui sont classées merveilles du monde je crois et qui font je sais pas combien de mètres de haut (peut être dans les 70), surtout sur une belle largeur du Fleuve Iguazú en face duquel c’est le Brésil (j’ai vu le brésil pour la première fois de mon existence et j’ai comme senti son rayonnement extrêmement attirant (ça fait beaucoup de rayonnements, allez-vous dire), de nombreux touristes brésiliens qui sont des gens impossibles à reconnaître pour moi.).
La nature est incroyable, évidemment situé dans une réserve naturelle qui fourmille d’animaux étonnants en 7h de promenade j’ai vu des toucan au crocrodile et l’adorable coatí (espèce de raton-chien) mon dieu qu’il est mignon. Aussi une faune dense mais fluide de touristes que j’ai pu contempler au milieu du paysage (entre les chutes et moi), j’essayais de construire des sociotypes du touriste d’Iguazu en même temps que deviner la vie ; le profil des gens, beaucoup de touristes européens : à l’exception des japonais et en partie les brésiliens, je comprenais toutes les conversations. L’allemand que j’ai pu entendre m’est apparu très délicat et sexy. Par ailleurs, impressionnant déballage techologique de matériel photographique et vestimentaire, tissus et marques spéciales que l’on ne voit jamais ici, aussi un peu un voyage dans le monde moderne des riches.
Mais il me faut dire que je suis entré à 11h avec Silvina et deux de ses amies, toutes trois venues passer 5jours en vacances près des chutes. Donc à 100km de chez moi. Je les ai retrouvées la veille au soir duquel nous avons pu dîner ensemble. (Silvina a eu la gentillesse de m’apporter du bon tabac de Buenos Aires ainsi que des filtres) Trois jeunes filles de 21-22 ans, mais pas des comme Anne.
Silvina est l’ex secrétaire de l’institut de langue où j’ai travaillé. Silvina est des pieds qu’elle a décorés aux cheveux qu’elle a teintés le profil de la poulette locale de BsAs, il n’y a pas d’autre mot. Et elle est beaucoup d’autres choses en même temps. Son maquillage est impressionnant et sur les photos elle réussit bien le personnage de télévision. D’ailleurs on a l’impression qu’elle arrive bien à ressembler à ce qu’elle veut, elle parfait son personnage, pour ainsi dire, de réussite sociale moderne, elle parvient notamment quasi de fait à l’apparence de la jeune fille des publicités.
Et il faut reconnaître la perfection atteinte (un détail par exemple arriver pré-bronzé en vacances, (fréquenter un solarium en capitale, en plein été)), notamment par rapport à ses amies notamment qui étaient moins parfaites (par exemple sont arrivées blanches et ont attrapé des coups de soleil) ce qui ne faisait que parfaire Silvina.
Silvina ramasse une bonne quantité de stéréotypes et à la fois est originale pour son milieu, un personnage-frontière comme j’aime, à la limite d’être vraiment conventionnelle, elle a certains types d’intelligence surprenants qui la distinguent, elle est rapide, tranchante, électrique, originale à sa manière, metteuse de pieds dans le plat, provocatrice et fière ; mais soyons clairs, le fond est consternant. On pourrait la trouver gourde, ce serait manquer de sensibilité, comme on peut le voir sur les photos.
Silvina est très patriote, aussi ai-je pu avoir le bonheur de la photographier sous le drapeau de son pays chéri, malheureux hasard, avec une poubelle dont je n’avais pas vue qu’elle était dans le champ, hi hi ...
Silvina est presque une experte des chutes d’Iguazu.
Au milieu de ma visite vers 14h, nous nous sommes dit adieu (un avion pour BsAs l’attendait dans l’après midi), quel lieu pour une prise de congé ! Adieu Silvina:une photo du moment de notre adieu priuse par une touriste française
J’ai ensuite parcouru seul l’île qui se trouve dans le fleuve au pied voire dans les chutes mêmes, lieux étonnants, certains relativement vides (vu la taille et la quantité des parcours), certains où l’on peut être douché par le rebond vaporisé des chutes ainsi rafraîchissantes.

J’ai eu l’occasion dernièrement de participer à quelques réunions ou fêtes d’une certaine élite intellectuelle subversive locale (en connaissant notamment la libraire du village-je ne peux pas me résigner à appeler ça une ville : par exemple : 70 000habitants, une seule librairie qui n’a rien). Une certaine ambiance d’intellos de gauche qui n’est pas sans me rappeler une certaine ambiance d’intellos de gauche rencontrée à Valleraugue. Des correspondances étranges. Un autre point commun surprenant : je « descends » au village seulement une heure par exemple pour y faire quelques courses et je rencontres plusieurs des peu de personnes que je connais.
Je découvre une certaine vie de village.

Notre projet entomologique avance aux rythme de nos grasses matinées, c’est comme si le vieil Entomologue d’Eldorado l’avait pressenti : il nous donne rendez-vous un dimanche à 9heures du matin. Par chance, Sandra connaissait ce prof d’université retraité ayant enseigné notamment l’entomologie dans l’unique cycle d’études supérieures disponible à Eldorado : sciences de la forêt. Il nous a gentiment fait comprendre que notre projet est bien gentil, mais qu’après y avoir dédié sa vie, il en avait ras la cuvette des insectes et s’adonne désormais à la peinture, il nous fait d’ailleurs visiter sa galerie. A mon avis il aurait mieux fait de continuer dans l’entomologie, mais qui sait ce que peut ressentir un vieil entomologue. Il nous dirige donc vers son œuvre qu’il nous offre, le fruit de sa carrière : une étude de tous les insectes locaux qui modifient le développement des arbres. Il nous fait rapidement visiter quelques éléments de sa riche demeure en précisant de prix élevé, en dollars, des différentes choses, et j’exprimais mon étonnement ce qui permettait à la caractéristique qu’il voulait souligner d’exister ce qui lui faisait plaisir. Ce que veulent les humains : que l’on reconnaisse la caractéristique qu’ils veulent souligner.

Ce projet de début d’archivage en ligne des insectes locaux est une des activités que je poursuivrai dans ma nouvelle demeure où beaucoup de travaux de tous types m’attendent, y compris lecture. Si quelqu’un veut venir, maintenant j’ai de la place pour accueillir…

J’ai déjà fait de nombreuses rencontres intéressantes, notamment : me première grosse araignée dans la pièce où je dormais

Et dans le jardin… (j'aime bien la face de cette araignée-maman qui possède ces deux gros yeux devant au dessus d'une ligne de4autres yeux, il y en a une autyre paire de gros sur les côtés)