Bizarrement je n’ai pas eu ni pris le temps d’écrire durant ces deux premiers mois où Florianópolis aura eu cette grâce de me voir arriver sur sa terre.
J’ai aussi pris relativement peu de photos de toutes les choses étonnantes qui me sont passées devant les zieux. Mais quelques unes ont été prises tout de même et permettent d’exhiber un pseudo-bilan surtout photographique et incomplet mais à peu près chronologique de mon parcours dont quelques mots ponctueront entre les photos le développement « hasardeux »
Durant ce que ces deux mois m’ont donné à percevoir et à penser, je me demande comment je peux encore ne pas devenir fou.
De drôles de choses et coïncidences me sont arrivés sur cette île de la magie (tradition qui remonte à une époque où l’on y déportait les sorciers et sorcières pourchassés, qui se sont concentrés ici sur des générations)
voilà ce que j'ai vu
Le 10mai 2009, jour de mon départ d’Eldorado : après deux mois environ je crois passés chez et avec Irma, le dernier repas chez elle, ému de la quitter et de quitter cette région. Notez le vin ouvert en mon honneur, un « michel torino », vin très répandu en Argentine, que je quittais avec un certain soulagement après un an et demi passé dans ce pays (dont les six derniers à Eldorado)
Sur le quai de la gare routière d’Eldorado, entouré de mes affaires, mon vélo encartonné. Je me rendais compte qu’on peut (presque) tout faire avec un seul bras. (enfin le carton aurait pu être mieux). Et si l’on a la chance de se casser la main d’écriture, l’autre main aura l’opportunité d’apprendre à écrire.
Depuis le bus en partant, je passe devant la rue où j’ai habité trois mois à Eldorado : celle de gauche, la maison d’Irma, au bout de la rue, où se trouvait Irma au moment où ce bus m’emportait pour m’éloigner d’elle de plus en plus et peut être à jamais.
Depuis ce trajet en bus et l’arrivée sur l’île, tout a été particulier, c’est un peu comme si une bonne étoile m’attendait ici ; non qu’il n’y ai pas eu de mauvais moments, mais j’ai l’impression de surfer sur une vague d’heureuses coïncidences. Mon préjugé était si positif…
Je découvrais en même temps qu’on ne vit finalement que dans le préjugé. Au mieux, on ne fait que sortir d’un préjugé pour entrer dans un autre. Et cette circulation entre les préjugés, leurs flux, augmente la perception, et les possibilités.
Je pensais à tous mes bagages et mon vélo encartonné dans la soute qui m’accompagnaient, j’étais à l’étage de ce bus presque vide, je me sentais très libre et léger, heureux de voir que mon indépendance pouvait offrir à ma fantaisie tout le sérieux qu’elle méritait. J’avais l’impression de vivre par l’exemple la provocation de cet hasardeux qui est de toute manière tout le temps dans le développement des choses.
Mon point de vue était de me surprendre positivement de ce qui allait arriver, aussi étais-je ravi de savoir très peu sur le lieu, le pays, et la personne qui allait m’accueillir. Je savais que j’avais rêvé et fantasmé tout ça et que la réalité serait différente, et j’attendais joyeux de voir le tour que les choses allaient prendre. Un état second dans ce bus, que je ne me suis pas privé d’asseoir durant la nuit, avec mes deux premières bières brésiliennes, achetées dans une station lors d’un arrêt du bus. J’étais euphorique jusqu’à me filmer dans les toilettes.
premières images du Brésil, enfin, le lendemain
Après quelques heures de sommeil
J’arrivais ahuri donc avec une heure et demi d’avance à Florianópolis le 10 mai un lundi matin je crois, sous un soleil rayonnant de cet automne avancé ; on me déposa toutes mes affaires sur le quai du bus qui part et m’abandonne. Une seconde, avec mon plâtre, mes affaires tout autour de moi j’ai senti ma fragilité, ma vulnérabilité, mais aussi ma force, la force de ma volonté d’être là et que tout se passe bien, une volonté d’une force à déplacer les montagnes. Des porteurs ont déposé mes affaires près de la consigne de la gare routière ou je les laisse un instant. Difficile de trouver un distributeur d’argent. Je découvre avec joie que ma carte bancaire fonctionne, cette chose ultramagique. Je téléphonne à Eduardo, le membre du Couchsyurfingclub qui devait me recevoir, vers 10h je le réveille, je dois le convaincre de ne pas venir me chercher à la gare, je mets toutes mes affaires dans un grand taxi et c’est parti pour chez lui. Tiens, le chauffeur n’est pas bavard, tiens, on se croirait en Californie (où je n’ai jamais été) en plus sauvage. Tiens, les bananiers peuvent côtoyer une richesse apparente.
Tiens la rue est de gravier, les maisons sont belles, toutes originales et différentes. Tiens au numéro où s’arrête le taxi c’est une belle petite maison rouge stylisée, moderne, écologique, simple et chaleureuse.
Tiens Eduardo m’accueille en m’ouvrant grand les bras en s’exclamant de joie.
Je ne m’abstenais pas de penser que c’était là le brésil entier qui m’accueillait les bras ouverts. Le premier brésilien me serrait affectueusement dans ses bras, je ne savais pas encore, à ce moment là, que c’est la manière normale de saluer un ami dans ce pays.
A peine réveillé, Eduardo m’a préparé un petit déjeuner royal avec mangues, papayes, œufs de caille, dans cette petite maison feng-shui écologique adorable. Le climat était rayonnant, Eduardo dès les premier quart d’heure m'invitait dans son intimité…nous avons été tout de suite amis, enthousiasmés l’un de l’autre.
la plage au bout de la rue
Alors que je venais d’une région, en Argentine, où la tiersmondisation était manifeste, j’avais presque l’impression d’arriver en europe, seulement des voitures neuves, tout n’est pas cassé, il y a des trottoirs, des rues, des gens bien habillés… J’ai été aussi tout de suite très impressionné de ce que la maison n’était pas du tout sécurisée. Tiens cela pouvait être ça, le Brésil, un lieu tranquille où il n’est pas nécessaire de se protéger des intrusions… J’étais émerveillé de la présence de ce qui manquait en argentine : un peu de civilité et de confiance envers l'autre Dès le lendemain, Eduardo qui m’accueille gracieusement me confie les clefs sa maison, où après une semaine je décide de rester dans l’une des chambres en partageant désormais le loyer.
quelques jours après je fais connaissance des ses deux filles (6et 9)qui viennent souvent passer des nuits. Gymnastique-salut au soleil du matin:
visite au sud de l'île hébergé par un couchsurfer (un masseur), et depuis ami, sur la plage qui est juste derrière sa maison

promenade le sixième jour, toujours au sud de l'île:
durant la deuxième ou troisième semaine, promenade avec mon colocataire et son exfemme au crépuscule du sud de l'île:
à la maison, j'ai toujours mes amis les petits animaux. Ici les fourmis sont fortes comme des turques, elles transportent une croquette de chat (certes, modèle chaton) chacune
mon quartier vu d'en haut:
chez un voisin entouré de voisins-amis
L’île est un haut lieu du surf, ce qui amène sa culture. Il y a un culte du corps manifeste au Brésil (enfin, au moins dans ce coin), il y a des salles de musculation à tous les coins de rues. Ici la fesse est galbée et heureusement vêtue de pantalons saillants. Les surfeurs imposent un certain niveau de biceps et de corps saillants souvent dénudés et bronzés.
un mois exactement après mon arrivée, avec mon premier élève qui devient mon associé, nous commençons à réaliser un projet d'école, en l'occurence par la préparation du local. Ce projet est depuis en suspens, suite au départ brutal de mon associé pour un voyage en europe. tout devrait continuer après son retour. Qui vivra verra. On m'avait averti, les brésiliens sont, disons, volages. Soit.
situation de l'école
à droite, le batiment, le blanc sur le poteau(à G) devrait recevoir l'enseigne de l'école
le 21 juin, mon anniversaire, après un peu plus d'un mois, un tas de nouvelles connaissances se réunissent

Il me faut dire tout de même remarquer, et constater avec vous et pour vous, que les légendes et les clichés sont une fois de plus avérés, le Brésil est le pays d’une certaine bonne humeur. Disons qu’il est de bon d’être gai, souriant, et positif. Les gens sont vraiment aimables, serviables, les amis rapidement amis et dévoués, aidant réellement. Les gens sont disponibles Il y a en effet dans ce pays comme une dynamique positive, un cercle vertueux qui fait que la bonne humeur engendre la bonne humeur. Puisque l’on est conditionné par ce qui nous entoure, une positivé et bonne humeur, fussent-elles seulement affichées (au prix en effet d'une forme d'hypocrisie), nous font profondément du bien par association, en quelque sorte.
le premier jour de mes trente-trois ans a été cycliste:
La fête Junina (de juin) est une fête traditionnelle du brésil au cours de laquelle on fête l'arrivée de l'hiver. L'usage veut que l'on rende hommage à l'esprit et aux vêtements des paysans au cours de ces fêtes. On y célèbre aussi un mariage, et ce soir là, au cours d'une fête junina chez un voisin-ami artiste, j'ai été marié à cette charmante dame
deux personnes qui me sont très chères:
La dernière semaine de juin, je fais partie de léquipe de traductuers-interprètes pour un congrès ayant lieu à l'université que j'avaiis pris l'habitude de fréquenter. Je rencontre un collègue de l'école qui vient de vergèze, près de nîmes, je découvre que nous avons une connaissance en commun, et fréquenté la même université:
depuis la cabine de traduction simultanée
nous arrivons à ce ouikend, le deuxième du mois de juillet 2009
au cours d'un vernissage mémorable vendredi..
samedi la plage derrière chez nous
avec une connaissance de couchsurfing
anniversaire chez une délicieuse amie

chez cette amie, ma plus belle photo du mois (la personne en haut de l'escalier est la fille qui fêtait ses seize ans, en premier plan son copain):
dimanche
petite promenade sur l'île
ici vue à gauche du pont qui relie l'île (qui fait environ de 10à20km de large sur 70km de long je crois, je n'en suis pas sorti depuis le début) au continent, donc à droite les batiments qui font face au continent
ailleurs
encore ailleurs



en sortant de ma chambre, depuis la terrasse je vous salue

