domingo, 21 de noviembre de 2010

porra cadé o tempo

fugiu? estou pensando em continuar ese blog em portugues para falar dos sentimentos esquisitos de um miseravel cruzando o atlantico e pensamentos na instalaçao no velho mundo, que jà é velho demais.

sábado, 17 de julio de 2010

Nouvelle galerie de photos : février à juillet 2010

Nouvelle galerie de photos entre février et juillet 2010: "Rio divers" (ordre à peu près chronologique)

Pour le reste, l’imminence du bouleversant changement m’écrase

c'est dommage, j'avais plein de choses à dire.

miércoles, 12 de mayo de 2010

De la solitude du deuil au tarissement de l’écriture

Marc est mort la nuit dernière.
Merde. Franchement, merde, je m’attendais pas à ça de lui, il m’a déçu. Certes, il avait un cancer, mais c’est pas une raison : il m’avait dit « c’est à évolution lente ». J’y croyais, je croyais que cette « évolution » m’attendrait… Il ne faut pas attendre, il ne faut pas non plus croire que les autres attendent. Il ne faut rien croire, il faut FAIRE, c’est peut-être cela que m’a enseigné Marc (en 2006, il avait changé ma vie une fois de plus, me convertissant au « faire »). Mais que m’a-t-il enseigné ? M’introduire à la philosophie, sans finir son travail… mais Marc ! Merde ! je ne suis pas encore formé ! Tu es parti trop tôt ! j’avais tant de choses à te dire et tant de choses à apprendre de toi ! ce n’est pas juste ! Certes, c’est de ma faute, j’ai été paresseux, et je suis parti.
Il a fait son travail, il m’a converti à la philosophie.
Et maintenant ? Je ne reconnais plus le monde, un fondement de ma vie disparaît, tout s’effondre sous mes pieds. Il était mon deuxième père, mon père choisi.
J’écrivais ce blog en partie pour lui, en grande partie. J’ai l’impression qu’il n’a plus lieu d’être. J’ai l’impression que tout était pour lui. Sans lui, même le pull que je porte n’a plus lieu d’être, si je ne peux plus lui montrer. Quelle coïncidence, l’un de ses derniers articles, il y a un an environ, sur le deuil, sur la revue des ressources, commentant Barthes :

De la solitude du deuil au tarissement de l’écriture
Roland Barthes, Journal de deuil

Citation de cet article : « perte de cet être cher , singularité irréductible à quelque théorie que ce soit, peut-être même à tout discours. »

J’arrête donc là mon discours, je livre mon dernier texte de blog, qui était en grande partie pour lui, tel qu'il était quand il est mort, hier soir, peut être quand je finissais mon cours, à 23h d’ici, peut être quand j’étais dans le bus rentrant chez moi, peut être…
Je m’en remets à lui : il y a une semaine, il m’écrivait…ses derniers mots pour moi…
« Voilà donc des "nouvelles" peu allègres, mais en dépit de tous ces désagréments, le moral est bon ! »
Voilà la parole du philosophe, voilà la voie.

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Quelquefois, à quelques détails près, la vie peut être compliquée comme poser ses valises quelque part.
Enfin, les poser, ce n’est pas tout, la question est où les poser, et puis, vaut-ce la peine de les déballer pour le temps, et puis quel temps, d’ailleurs.
Où ? quand ? combien de temps ? tout est arbitraire, TOUT est arbitraire : comment vivre cela ???????????????????????????????????????????????????????????????
Je tente banalement de vivre cet arbitraire: comme toute vie, c’est ardu, et c’est vain, simplement parce que tout est vain.
Pourquoi ici ? que suis-je en train de faire ? Qui suis-je ? mais fichtre ! qui m’a mis ces questions dans la tête ? j’aurais quelques questions à lui poser…

Manuel « panorama » niveau débutants, leçon 4

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L’amour porte.
AMIS ! d’après ma modeste expérience, je le regrette, mais les religions ont raison : rien d’autre n’a de sens que l’amour.
Pourquoi cherche-t-on absolument une personne à aimer ? je l’ai compris : parce que cette personne est une porte.
J’ai trouvé une porte. Cette porte ouvre sur le chemin qui mène à l’amour inconditionnel, de tous, toujours ; le chemin est long, mais il paraît accessible.
Cette porte-amour seule donne sens à toute ma déambulation, puisque l’amour justifie doublement la vie : il est jouissance, et il est guide à l’essentielle unité de tous les êtres accidentellement séparés. La réunion de corps est la porte à l’unification absolue : depuis la seule chose qui fait sens immédiatement : le plaisir, l’amour mène à la seule chose qui fait sens universellement : l’unité essentielle de tous les êtres.
Plus simplement, aimer conduit à apprendre à aimer, et l’amour d’une personne est le modèle de l’amour macroscopique.
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histoire de serviette

Le monde rapporte ce qu’on y sème : en nulle autre situation cette vérité n’apparaît si clairement que lors de l’installation quelque part, puisque l’on commence sur un terrain vierge. Une autre logique se superpose : le hasard, enfin, le chaotiquement complexe, enfin, Yasmin dit : il n’y a pas de hasard, enfin, elle a probablement raison.
A partir de mon installation à Rio et dans la favela je récoltai ce que je semai dans le monde : c'est-à-dire, mis à part Yasmin qui m’est venue du chaos du complexe, finalement pas grand-chose. Difficile de contempler et de semer à la fois.
Cet effort énorme de chercher un peu de travail, ce travail énorme de faire un petit effort : quelques résultats, quelques heures d’emploi arrachées à un marché, et me voilà timidement entré dans un système, et voilà, je joue le jeu.
Je circule dans les rues ma serviette de professeur à la main, je suis content, j’ai un but : je vais dans un lieu défini accomplir une tâche, un service attendu par des consommateurs de services, voilà qui fait sens. Circulant dans le centre ville, le quartier des affaires où se trouvent mes écoles, grâce à ma serviette, je suis un peu comme les autres, c’est rassurant ; les autres voient que je fais partie de leur famille, (même si à Rio tous les hommes d’affaires ont adopté le sac à dos, j’aime ce pragmatisme) comme eux je suis sérieux : je travaille : j’accepte volontiers d’échanger mon temps de vie disponible contre l’argent qui me permettra de me rapprocher du standing de vie moderne, qui requiert d’acheter des choses. Ainsi je saurai finalement qui je suis : je suis comme les autres que je vois autour de moi.
Mais ma supercherie est peu crédible : malheureusement, je ne suis pas un homme d’affaires, personne n’est assez dupe pour m’identifier à eux, tout au plus puis-je paraître un technicien, voire un ingénieur, avec ma serviette fatiguée de parcourir le monde. Achetée par la mère de Mechtild à Limburg, elle me suit depuis des années : Valleraugue-Berlin-BuenosAires-Eldorado-Folianópolis-Rio… comme toutes les vieilles connaissances, je ne peux pas me passer d’elle, et en même temps, je ne peux plus la voir.
J’aimerais avoir un sac à dos, comme les autres, mais je n’ai pas les moyens de m’en acheter un, je n’arriverai jamais à vraiment être comme les autres. Je me sens comme un imposteur : nomade parmi les sédentaires, je feins la routine de rigueur. J’ai parfois l’impression d’être tout nu, cette serviette étant mon seul vêtement, ma raison d’être. Il semble que ce n’est pas moi qui la porte, mais que c’est elle qui me porte, je la suis : elle est le personnage principal, elle me fait être, je ne suis qu’un personnage secondaire. Je ne suis que ce que ma fonction, ou mon apparence de fonction me fait être.
Enfin grâce à elle, à la mesure de mon « investissement » et de ma « valeur » sur le marché, je récolte de ce marché un revenu misérable, et je découvre une certaine misère.
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Enfin pauvre.

Cette fois, je suis grandiosement réduit à mon faible pouvoir de production de bénéfices, je gagne, durant les premiers mois, ce que gagnent quatre-vingts pour cent des brésiliens, à peine plus que le salaire d’un prolétaire local (mais je suis seul, privé de le structure familiale qui permet à des tels prolétaires de s’organiser un semblant de confort). Cette somme couvre le strict nécessaire des frais courants. Je ne peux rien m’offrir de l’équipement dont j’aurais besoin : je suis réduit à mon local de favela, sans frigo, sans gazinière, mes vêtements élimés, mes chaussures décollées ; rien de matériellement nouveau : je ne peux rien acheter.
Ne rien acheter : me voilà face à moi-même, moi qui prétendait ne rien avoir besoin d’autre que logis et nourriture, moi qui critique volontiers le consumérisme… En arrivant au bord d’une expérience anti-consumériste je redécouvre les contours de la consommation.
Quand on n’a que très peu d’argent, acheter devient un stress, faire les courses devient traumatisant. Toujours demander le prix des choses, même pour les petites choses, devoir attacher de l’importance à des sommes minimes, être pauvre oblige à une certaine mesquinerie, et très souvent au renoncement. Le verbe même « acheter » devient traumatisant, il devient interdit, un tabou. Dès lors, je me souviens, par contraste, combien de fois je l’employais dans ma vie précédente. Avez-vous déjà pensé à cela : combien de fois employez-vous le verbe « acheter » par jour ? On ne se rend pas compte, mais « acheter » est devenu un acte parmi d’autres, banal, un habitus qui participe à nous faire être.
Que fait-on quand on achète ? On devient possesseur, on « est » en « possédant » : notre être s’agrandit à la mesure de nos possessions. J’achète une chose, je suis un peu cette chose. Je ne peux rien acheter, je ne suis plus grand chose. Comment peut-on en venir à des considérations si ridiculement opposées aux généreuses pensées de dépossession, de détachement ? Je ne sais pas encore. Probablement parce que le monde autour de moi est si consumériste. Le concret est dur. (En portugais, concret signifie « béton ».)
Etre un handicapé d’achat signifie évidemment être un discriminé: on ne peut pas être comme les autres, ce qui est fâcheux, voire même, on devient un pestiféré, un infréquentable. D’un autre côté, on devient fréquentable pour les pauvres : étant à leur niveau, ils ne peuvent plus vous prendre de haut. Je me permets ainsi de répondre aux favéliens qui me demandent de l’argent : « quoi, tu crois que parce que je suis blanc, j’ai de l’argent?
J’ai aussi découvert la honte d’être pauvre, passer à la caisse en ne faisant qu’une facture de quelques réaux ; avec ma compagne, devoir limiter les sorties et les invitations à des situations parfois sordides, la honte. Et de là, la honte d’avoir honte : qui suis-je pour avoir honte de cela ?
D’un autre côté, le grandiose de l’imprévu, l’impression de vivre sans filet, la légèreté des poches vides, le grisant d’arriver au travail le jour de la paye avec les dernières pièces pour le trajet en bus…
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Quatre mois après l’opération de « pacification » de la favela, l’ambiance s’est tassée, on ne voit plus les brigades d’intervention du BOPE, mais seulement les policiers de la police fédérale, toujours très présents. Les gens commencent à croire en la pacification, ils sont majoritairement heureux de ce calme surprenant.
Enfin, les temps changent véritablement. Mais d’un autre côté, le chef de la « police de pacification » est devenu le nouveau sheriff local, il règne comme un despote, ce qui est loin de plaire aux locaux ; par exemple, il a décidé que les camions qui apportent les fournitures ne monterait que le mercredi et le samedi ; résultat, pénurie de bouteilles de gaz dans la communauté.
Quant à moi, je suis progressivement revenu de mon idéalisation de la favela : en arrivant je pensais qu’il y aurait là comme une ambiance de village, une solidarité dans la pauvreté, une sympathie. Rien de tout cela. Ma voisine est détestable, il y a bien des gens sympathiques, mais beaucoup sont antipathiques, méfiants, voire agressifs. Il paraît que c’est un héritage de la violence : dans cette jungle sociale, au lieu d’être amis, c’était chacun pour soi, les gens essayaient de se tirer d’affaire aux dépend des autres, l’objectif étant de tenir les autres en respect en vertu de quelque relation avec des trafiquants, ces aristocrates d’une monarchie où le roi s’appelait le « dono do morro » (le « propriétaire de la colline=la favela »). La loi du plus fort ne cultive pas la paix, mais la concurrence acharnée. Beaucoup de gens sont désagréables et inhospitaliers (du coup, je ne fais que me demander plus désespérément ce que je fous là).
J’avais au début l’idée de me présenter à chacun de mes voisins afin d’installer une ambiance cordiale, mes premières expériences ont vite calmé mes naïves intentions. (Enfin, il s’agit probablement une fois de plus d’une question de manière erronée) Les gens me prennent pour un fou (un occidental européen en ce lieu, ce n’est guère compréhensible que pour d’autres occidentaux « alternatifs »). Une voisine à laquelle je me suis présenté, la croisant dans ma rue, a réagi hystériquement, me demandant effrayée et agressive si j’habitais seul, si je prenais de la drogue, ce que je venais faire ici… Autre exemple, une petite fille que je salue en descendant ma rue et qui répond à mon « bonjour » : « je ne te connais pas »..à quoi je réplique : « maintenant, tu me connais » ; elle : « non, je ne te connais pas ». Ma voisine directe qui met parfois la musique vraiment, mais vraiment très fort, à faire trembler les murs, à qui je vais demander de baisser la musique, au moins durant l’heure de mon cours particulier, réagit hystérique m’insultant presque et en m’invitant à déménager. Tout le monde est si différent de moi…
Après quatre mois sur place, je n’ai pour semblants d’amis que quelques collègues du bar, des personnages qui se réunissent autour d’un patron de bar qui est un personnage remarquable. Etonnamment cultivé, descendant d’allemands et parlant cette langue, il manie la critique radicale avec l’ironie fine, et ne ménage personne. Ses quelques clients fidèles sont surtout des admirateurs de ses sarcasmes, et comme lui, ils ont des choses à dire sur la société. Je ne sais comment exprimer cela, je goûte leur charme, en sirotant la bière locale, insipide, mais glacée.
Au début, l’inconfort et le dénuement avaient comme un côté pittoresque, et puis avec le temps, quand ma pauvreté ne permettait pas d’en sortir, tout cela prenait comme un effet déprimant. L’inconfort dans l’appartement, les privations, les coupures d’eau (dans cette chaleur, commencer une journée sans pouvoir prendre de douche), les coupures d’électricité (voire les coupures d’eau et d’électricité cumulées, comme cela arrive parfois, heureusement rarement), la saleté (des voisins ont une fenêtre qui donne devant ma porte, or ils utilisent manifestement leur fenêtre comme une poubelle), le désordre général, le bruit, les cris : la violence des gens entre eux, le pire, la violence envers les enfants, leur habitude de s’exprimer en criant, tout cela devient un poids : j’en deviens stupide : l’impression d’être parmi les sauvages.

D’abord, je suis discriminé : quand on me voit on voit surtout un « gringo », un occidental

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La vanité de la connaissance me semble de plus en plus évidente

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Yasmin
Qu’est-ce qui m’a fait suivre, sans vraiment le vouloir, ce soir là, ce petit groupe de couchsurfeurs dans ce bar hors de prix, au pieds du pain de sucre ?
Yasmin suivait une logique plus définie : elle suivait son rêve. La veille, elle avait rêvé qu’en ce lieu elle ferait une rencontre importante. Mes yeux clairs, ma présence, d’où le coup de foudre

martes, 11 de mayo de 2010

nouvelle galerie photo grâce à l'amour

L’amour m’a donné un nouvel appareil photo.
Il m’est arrivé de France. Grâce à eux, voilà une nouvelle galerie de photos (cliquer sur la photo à Gauche) « Rio centre ville ». Merci l’amour !
Cela devrait donner une idée du centre ville en semaine : fourmillant. Le ouikend il est désert.
Cette galerie montre, à quelques détails près, le centre ville où je travaille, la majorité étant prises sur mon chemin vers le travail ou dans les alentours, au cours de déambulations
Déambulation ?

sábado, 20 de febrero de 2010

Rio de Janeiro

D'où je vous écris !

Quelquefois, à quelques détails près, la vie peut être simple comme un billet de bus, et quelques rencontres heureuses entre les trajets; le reste n’est qu’adaptation.

Depuis quelques mois, l’idée de rentrer en Europe me hante l’esprit, mais je ne voulais pas lâcher le pays sans avoir vu Rio qui est « à côté » de Florianópolis, et Rio m’a happé.

Je n’étais pas vraiment convaincu à l’idée de rester à Rio, en même temps je n’imaginais pas d’en partir – je me trouvais dans une espèce de flottement, convaincu de rien. Rio ne m’a pas immédiatement, mais progressivement ravi.

Je me trouvais à nouveau dans la situation de tout devoir recommencer, une fois de plus, et cette ville énorme à devoir conquérir. Tant de nouvelles choses ; j’avais comme l’impression d’une saturation de nouveauté (se manifestant par une disponibilité amoindrie), le renouvellement perpétuel devenait lassant. Plusieurs idées m’ont tout de même convaincu de rester, et surtout, surtout, celle de ne pas accepter d’être blasé, jamais. C’était mon destin, c’étaient les difficultés que je devais surmonter.

Ma logique était de suivre le chemin qui se présentait à moi, surtout ne pas vouloir contrôler, ne pas vouloir être maître : ne pas lutter, ne pas combattre (je laisse cela à d’autres), mais collaborer avec le fil des événements. Pourquoi se battre ? je devenais un peu brésilien. Parfois il faut prendre de la distance, mais parfois la distance est effrayante. De loin, l’installation pouvait paraître fatigante, de près, il ne s’agissait que d’une série de petits problèmes à résoudre les uns après les autres. Trouver du travail, une maison, un réseau d’amis petit à petit, les choses allaient se faire d’elles-mêmes, il suffisait de donner de petites impulsions au bon endroit au bon moment, cultiver la patience et la surprise, et se laisser surprendre par le développement des choses.

En effet en un mois déjà un cadre était construit, et la manière était surprenante, travailler dans des lieux et avec des gens surprenants, rencontres surprenantes. Tout cela, précaire, pouvait s’effondrer comme un château de cartes, mais qu’est la vie, après tout ?

Il n’y a pas de sens, il n’y a que des sensations.

Evidemment il y a la nostalgie, mais la nostalgie se travaille : une fois que j’étais en Azerbaïdjan vers le début, souffrant d’une nostalgie destructive, Mechtild m’avait dit au téléphone que la nostalgie est une attention portée vers le passé, qui correspond à un manque d’attention portée vers le présent. En conséquence le remède radical : il suffit de percevoir le présent, de s’ouvrir au monde dans lequel on est pour remplacer la nostalgie par des émotions nouvelles, qu’en l’occurrence Rio n’a pas manqué de me donner. De nouvelles sensations certes mais là encore, comme une saturation de sensations, j’avais comme l’impression d’être devenu trop sensible, c’est-à-dire trop modifiable par le contexte ; j’étais comme enivré, je ne reconnaissais plus rien une fois de plus, y compris moi-même, une fois de plus, il s’agissait simplement de lâcher prise, de s’abandonner au destin.

Dès le deuxième jour, j’ai commencé à arpenter la ville à vélo, et je voyais des choses comme ça:

où j'ai failli habiter: l'immeuble ancien, fenêtre en haut à gauche où un ouvrier restaure le volet. Rencontré par une connaissance, le propriétaire a finalement refusé par méfiance des étrangers.

Mon idée était de passer dans cette ville et de voir si les choses s’enchaîneraient. Enfin j’ai eu de la chance, en trois semaines d’hébergement gracieux chez le généreux François, j’ai trouvé du travail et un petit appartement honnête à louer, très bien placé, bon marché, dans un lieu et moment privilégiés, une favela qui vient d’être « nettoyée » du trafic de drogue, et sécurisée.

J’habite dans cette favela « Cantagalo » depuis un mois, et je découvre un autre monde, cette ville dans la ville étonnante.

Voilà comment j’en suis arrivé là : j’ai pris la parole, tout simplement, à une table de bar un soir d’une rencontre du couchsurfing, en demandant si quelqu’un connaissait où il y aurait une chambre à louer. Une ravissante noire ébène, avec qui j’avais déjà sympathisé, me répond qu’elle a une amie qui a une chambre de libre dans une favela « nettoyée ».

Tenant sa promesse, elle m’y conduit le surlendemain. Je pénètre pour la première fois dans l’autre ville (les favelas sont pour la majorité des territoires interdits, où ne pénètrent que ceux qui y habitent ou ce qui sont accompagnés par un habitant, mais il y en a certaines, dont celle-là, qui se sont « ouvertes » il y a peu): en prenant la rue qui monte, on a l’impression de changer de lieu, on est littéralement dépaysé.

Tout est différent : les immeubles, les gens, l’ambiance générale.

La chambre prévue était occupée, mais le mari de la copine connaissait quelqu’un qui… S’en est suivie une promenade suivant ce généreux Joachim à travers le labyrinthe de la favela, demandant aux gens qu’il connaissait où il y aurait une chambre de libre. Nous avons visité un appartement-cave (sans fenêtre) de 25mètres carrés, et pour le reste seulement des portes fermées ce soir là, mais j’avais vu la favela, l’idée d’y résider m’avait déjà conquis.

Le surlendemain ce décidément bien aimable Joachim m’accompagne à l’association des résidents de la favela, et de là on nous conseille quelqu’un (qui est la belle sœur de…fille de…etc., des références sont toujours faites à des gens connus) de là nous arrivons à visiter mon futur appartement, je suis séduit mais j’hésite, le lendemain je devais visiter la chambre à louer dans l’appartement d’un couchsurfeur rencontré sur le site de couchsurfing.

(J’y suis donc allé le lendemain, il s’agissait d’un lieu assez confortable et beaucoup trop tranquille, un peu éloigné du centre. Du toit terrasse on pouvait contempler les flancs d’une réserve naturelle toute proche, au milieu de laquelle s’élevait un immense massif rocheux en forme d’œuf. Les personnages de la collocation étaient intéressants : des athlètes de la marine, notamment Fabio que j’ai connu par le site, un nageur de longue distance en mer, son record : 96km, en 35 heures de nage crawl sans interruption ! (il avait d’ailleurs un peu un physique de baleine, acquis pour affronter cette épreuve, m’a-t-il affirmé))

Le soir je confirmai pour l’appartement dans la favela et j’y aménageai le lendemain. Une voiture organisée par quelqu’un rencontré par hasard dans la « communauté » (qui est l’euphémisme en vogue pour désigner la favela) lors de nos trajets avec Joachim me déménage bon marché :

de chez François jusque chez moi (enfin jusqu’où peut accéder la voiture, s’en suivent une rue piétonne très étroite puis de nombreux escaliers…) Le proprio me reçoit simplement et efficacement avec un sourire fixe, sa femme avait fait un ménage rapide de l’appartement, quand nous sommes arrivés il finissait de placer des ampoules. L’affaire est vite réglée, il part avec les 300 reais du mois de loyer (=120euro) sans rien me demander de plus, ni caution, ni garant, ni même vérification de mon identité…(il a tout de même daigné accepter ma carte de visite) les relations peuvent donc être si simple et efficaces…L’eau, l’électricité et les cafards sont inclus (elles sont plus ou moins officiellement gracieusement fournies pas la ville)

Me voilà chez moi, à Rio, un petit chez moi assez accueillant. Certes vide, et je n’avais rien, aucun meuble, ni d’ailleurs les moyens de m’en acheter. J’ai donc commencé par « camper » chez moi. Les mains dans les poches, contemplant mon vide, j’étais à la fois ravi et effrayé de ce dénuement méthodiquement recherché. Quelques bonnes petites surprises allaient se succéder.

Joachim croit se souvenir que sa tante a un lit de trop dans sa cave, nous allons le chercher, un lit en fer. François me prête un petit matelas que j’ai rapporté à vélo roulé sur mon porte bagage, entre chez lui et chez moi (15km pratiquement seulement de piste cyclable en bord de plage : la baie de Guanabara, les tunnels, et les quelques kilomètres de long de la plage de Copacabana).

L’appartement est petit, 21mcarrés en tout, mais la construction et la disposition sont bien faites. Une véritable petite entrée, une véritable petite salle de bain, une véritable petite cuisine, et une petite chambre aux murs bleus. La fenêtre de cette pièce donne sur les toits de copacabana et la mer, des îles au loin, des navires et cargos passant.


au petit matin


cuisine
entrée
sdb
entrée
pièce
de la fenêtre de la cuisine

autre petit matin...

La plage de Copacabana est à moins d’un kilomètre de chez moi, et de l’autre côté, à 1.5km, il y a la meilleure plage de Rio, Ipanema.

La favela est en fait entre les deux plages qu’elle surplombe. (le centre ville est à 25mn en métro)(Copacabana et Ipanema ne sont pas seulement des plages, mais des quartiers animés où on trouve de tout, d’où on rejoint le centre ville en passant par deux tunnels.)

Voilà des cartes postales où j’ai indiqué l’emplacement (approximatif) de chez moi.


A quelques minutes de chez moi, on peut se promener sur le rocher jusqu'au bord du précipice que l'on voit à la gauche du mont, la vue est alors saisissante sur la lagune.


Dans l’appartement, l’architecture intérieure est intelligente : des évacuations d’eau au sol dans la cuisine et la sdb, des fenêtres ou ventilations dans chaque pièce. (Je me demande qui sont les architectes des favelas.)

Je suis au deuxième : le troisième étage est en chantier, comme à peut près tous les hauts de maisons de la communauté, pratiquement chaque maison est en chantier, en évolution lente. Du toit terrasse la vue est saisissante sur la favela, les toits de copacabana et la mer.


On me fait remarquer que ma rue est calme pour le quartier : il y a en effet très peu de passage, la rue est en fait un escalier dont j’ai tardé à explorer les hauteurs.

Evidemment, le quartier est un véritable labyrinthe de brique et béton qui aurait des airs de médina ; presque exclusivement piéton, les voitures ne circulent que sur les l’axe principal qui monte, qui reste surtout peuplé par les piétons. En bas à l’entrée de la favela il y a des minibus ou des motos qui emmènent en haut pour 2reais ceux qui ne marchent pas.

A quoi ressemble la favela : du béton et des briques, un tout partout dans tous les sens indescriptible, architecture endogène évolutive, raccords électriques effrayants. Escaliers, passerelles, balcons, recoins, placettes, petits magasins, graffitis partout (de très haut niveau artistique d’ailleurs) ; tout est auto-organisé il y a comme la réplique de tous les commerces de la ville d’en bas en moins cher… et à la (très) bonne franquette…

Animaux : blattes, rats (très nombreux), chats, chiens, poules.

Tout en pente : escaliers partout et maisons sur des pilotis de béton accrochés à flan de roc.

Beaucoup de jeunes, très peu de vieux, beaucoup de noirs (je suis souvent le seul blanc); on est très peu habillé, il fait simplement très chaud, même la nuit, autour de trente degrés avec beaucoup d’humidité. Presque tous les hommes sont torse nu. Je suis impressionné par la beauté des corps des noires et des noirs, au regard desquels je me sens lamentablement freluquet et palot ; je me console en observant qu’ils apprécient le petit blanc aux yeux clairs.

Des enfants jouent partout, des enfants « à l’ancienne », frénétiques, ils courent, s’amusent (j’ai été berné en voulant ramasser un porte feuille que des coquins ont retiré au dernier moment grâce à un fil de nylon) il escaladent, fréquentent encore des choses palpables et utilisent leur corps, passionnés au bout de leur cerf-volant, se livrant au combat de cerf-volant souvent à haute altitude (de la poudre de verre pilé sur le fil permet de couper le fil des autres, une certaine manœuvre permet même, une fois que l’autre est coupé, de le charrier par le fil de son cerf volant et de prendre le cerf volant de l’autre.)

Le soir et particulièrement le ouikend, tout le monde est dehors dans la rue, vers laquelle les magasins et les particuliers dirigent des hauts parleurs et passent de la musique très fort. Il s’agit en général de samba, et la musique à la mode, le funk carioca.

Au début je me sentais vraiment dans le méconnaissable, et c’était un très bon sentiment, l’impression de ne pas être à ma place, et de devoir m’adapter. Je m’amusais à l’idée incroyable que dans quelques semaines, tout cela allait m’être familier.

Quand je passais dans ces rues les premières fois, proie des regards curieux, je me sentais intrus, je cherchais ma contenance évidemment, j’étais pour la première fois dans ce contexte. J’essayais de ne pas montrer que je flânais, je faisais semblant de savoir où j’allais, je prenais un pas décidé, me sentant malgré tout ridicule. Dans la pénombre, j’arrivais dans des coins de rues ou escaliers d’un glauque qui aurait été presque inquiétant si on ne m’avait pas convaincu de la sûreté des lieux.

Enfin, je suis encore constamment sous le charme de cette merveille urbanistique, j’ai l’impression d’être dans un musée vivant. (coïncidence amusante, longtemps après avoir écrit cela j’ai découvert une association qui s’appelle « musée de favela » et qui considère la favela entière comme un musée vivant, je suis à l’heure actuelle en train de découvrir ce projet)

Je me dis qu’en un sens ma présence parmi les pauvres n’est pas complètement absurde, puisque j’arrive là à un moment où je me considère moi-même pauvre, mes économies étant pratiquement réduites à la somme de mon billet de retour. Le bon marché du quartier n’est pas un luxe pour moi, je suis fauché, un peu comme tout le monde, je suis obligé de regarder à la dépense. N’ayant pas les moyens de m’équiper en matériel de cuisine, mon repas quotidien est l’assiette-repas servi dans les restos du quartier, le fameux « prato feito » : « plat fait ». Une viande grillée ou en sauce (dont la fameuse rabada, daube de queue de bœuf) accompagnée de haricots, ainsi que de très généreuses portions de riz et spaghettis, et une salade symbolique, tout cela pour 6reais, deux euro 50 environ. Aussi, les résidents ont dû observer que j’étais un gringo différent des autres, en me voyant charrier sur mon dos ou sur mon vélo des meubles de récupération trouvés dans les poubelles de Copacabana ; en quelques semaines j’ai ainsi pu meubler mon appartement presque entièrement, en complétant par quelques occasions très bon marché. Au fil des semaines, je reste la proie de regards curieux, qui ne comprennent pas ce que je fais là; ne le comprenant pas vraiment moi-même, je dois inventer mon personnage (qui je suis) au fur et à mesure.

Cette communauté de Canatagalo, comme quelques autres favelas de la ville (en fait 5 favelas sur plus de 900 dans l’Etat de Rio..) a bénéficié un mois avant mon arrivée d’une opération historique de « nettoyage », grâce à un grand travail social et policier. En haut de la favela ont été installés les locaux du projet social « criança esperança » (« enfance espoir »), des médiateurs, une police de proximité ont été mis en place, en plus de l’intervention conjointe des polices municipale, fédérale, et des troupes spéciales d’intervention, le BOPE (« brigade d’opérations spéciales »). Ces derniers sont des policiers suivant un entraînement paramilitaire, ce sont les « tueurs ». Armés jusqu’aux dents (équipés de poignards, revolvers, et fusils type M16), ils circulent sur des 4X4 tout noirs mat avec en blanc l’inscription BOPE et leur symbole…un crâne type pirate entouré de deux fusils et un poignard… Ils sont littéralement effrayants, leur rôle est aussi de faire peur et cela fonctionne. Ils ont été les premiers à être envoyés dans la favela, après que leur date d’arrivée ait été annoncée. Il paraît que quand ils ont repéré un trafiquant, ils le traquent et l’abattent parfois sur le champ. Rio bat d’ailleurs des recors de meurtre par la police.

une photo trouvée sur internet, assez représentative du genre de surveillance rassurante dont la favela fait l'objet

C’est cette police spéciale qui aurait fracturé ma porte d’après mon propriétaire: en effet en visitant l’appartement, j’avais constaté que les portes d’entrée avaient été fracturées, alors que normalement il n’y a jamais de cambriolage dans les favelas c’est une des règles, pas de voleur non plus (à l’époque des trafiquants ces derniers s’occupaient de liquider les voleurs) Le Bope est donc entré à la recherche d’un trafiquant -d’ailleurs je me demande s’ils n’en auraient pas trouvé un chez moi, ce qui expliquerait que mon appartement était vide et disponible un mois après les opérations de pacification…

Toutes ces polices circulent fréquemment en voiture et à pied dans la favela, la police fédérale est aussi équipée de fusils M16 toujours au poing, en général les policiers dans les voitures ou a pied on leur revolver à la main. Les canons de fusils sortent ostensiblement des fenêtres de voitures, cela semble être une tradition. Les gens ne prêtent que très peu d’attention aux policiers, et j’ai fini par m’habituer à être entouré de toutes ces armes.

Le changement avait été radical : un mois avant mon arrivée, la police était absente, et les rues étaient bondées de vendeurs et consommateurs de drogues qui consommaient partout, il y avait des tirs entre bandes rivales, ont voyait des enfants portant des armes. (Il faut imaginer qu’il y a quelques temps, le chef de la plus grande favela de Rio, Rocinha avait 14 ans…)

Aujourd’hui les rues sont certes animées, mais la drogue est devenue un tabou : sa circulation et consommation sont très discrètes, il n’y a plus d’acheteurs, la police est très présente, mais tranquille. Il y a une très bonne ambiance de renouveau, tout le monde est soulagé et a envie que cela se passe bien.

J’observe fasciné ce moment historique : un élan perceptible de volonté politique et populaire pour une amélioration en train de se faire. Il règne cependant une certaine tension, tout le monde est curieux de savoir ce que cela va donner ; personne ne sait vraiment comment les choses vont évoluer, ce qui est très excitant.

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Aujourd’hui le dimanche 17 janvier 2010 alors que je traversais à vélo le parc du Flamengo (qui longe la plage de la baie de Guanabara) pour me rendre chez François je passe à côté de quelqu’un essayant en vain d’escalader un arbre, à la suite de quoi la personne et une autre qui l’accompagnait restaient à regarder dans l’arbre. Je m’arrête, je réfléchis à la situation, puis demitourne à leur rencontre en leur proposant de l’aide, j’imaginais qu’ils avaient perché quelque chose par erreur où qu’il y avait un petit chat dans l’arbre ou quelque chose comme ça. Rien de cela, l’objet de leur intérêt était un fruit de l’arbre, de moi inconnu, dénommé jambo. J’escaladai l’arbre et nous dégustâmes ces jambo. Des espèces de petites poires rouges, chair blanche et gros noyau rond au milieu, un goût se rapprochant de la pomme et la poire. Je fais connaissance de l’homme qui me donne son adresse et m’invite dans sa propriété, une culture de bananiers en pleine ville, dans paraît-il un îlot végétal en plein quartier urbain de Glória.

En fait, ces espèces de petites poires rouges sont peu connues, même de beaucoup de brésiliens ; en fait, il y a tellement de différents types de fruits dans le pays, que tous le connaître relève de la science.

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Il y eu un certain vingt janvier, un jour de chance, un coup de foudre allait me mettre sur un chemin inattendu et heureux. J’ai gardé un rare document de ce moment : quand cette photo a été prise, nous nous connaissions depuis une vingtaine de minutes.

Trois semaines après, depuis le merveilleux jardin botanique. Ainsi tout a changé à nouveau, je ne reconnais plus le monde.

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Puis il y eu le ouikend à Paraty (4heures au sud de Rio), où je suis allé rejoindre Marcel (et Erwin), première apparition venue d’un monde que j’ai quitté il y a plus de deux ans.



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Puis il y eu le carnaval. Beaucoup de cariocas n’aiment pas : trop de folie, trop de cris, d’urine et de vomi importuns. Un peu moins de folie que ce que j’attendais en vérité, tout de même des scènes amusantes

La ville est paralysée à certains lieux, où des « blocs » de samba, des musiciens, danseurs, et participants occupent une rue de manière nomade. Le soir beaucoup de gens déguisés, de la musique partout, la bière omniprésente.

après-midi de carnaval sur Ipanema

Au sambodromo, les défilés d’écoles de samba. Je fus voir l’école de samba de ma favela défiler mardi à 2h30 « alegria da zona sul » est son nom et…elle a gangné le concours dans sa catégorie..

vues du sambodromo avant le carnaval, durant les "entrainements techniques"

la piste du défilé de presque 800mètres. Une inconnue me guide:

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La fin des images.

Merveilleux jour de carnaval que ce lundi 15 février. Traîner dans les rues avec Yasmin, puis rencontrer Karina, chère amie en visite de Buenos Aires. Le soir, nous découvrons une fête techno improvisée sur la plage d’Ipanema. Nous dansons, heureux. Puis lors d’une contemplation romantique de la mer, les pieds dans l’eau, une vague énorme nous surprend : bien que dans sa housse, mon appareil photo est fatalement mouillé. Dans l’état de mes finances, cela signifie pour moi la fin de l’activité photographique, la fin de la vie en images.

Cette période photographique s'est achevée par une merveilleuse dernière photo,

Voilà la toute dernière photo faite par mon bien aimé et regretté canon powershot A720 IS


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adieu depuis Ipanema