martes, 13 de septiembre de 2016

petit retour en Europe



L'Europe m'a appelé en retour. En rentrant j'observe certaines choses intrigantes.

C'est connu, on observe plus facilement chez autrui certaines caractéristiques significatives que chez soi-même. Or les européens sont devenus mon autrui. J'arrive chez moi avec un regard étranger.
J'offre ici mon regard de l'extérieur.

De passage à la gare de Lyon à Paris je croise un homme en costume à la mode (mollets serrés) qui parle dans son téléphone et j'entends: "Je vais à Tours pour 9 jours. Ils ont besoin d'un expert pour optimiser leurs performances".

J'entrais dans le monde des experts, le monde aux performances optimisées.

"optimiser" le monde serait-ce resserrer les pantalons au niveau des mollets ?

Sommes-nous ce serpent qui se mord la queue ?
 
Je découvre les européens d'aujourd'hui d'abord à l'aéroport, puis dans les trains...
Ma première impression : ils sont très riches, trop riches, ils achètent des tas d'objets et se déplacent avec.
Ils s'entourent d'objets, de choses. Mais que font-ils donc avec toutes ces choses?
(choses qui impliquent un gaspillage inouï)

Ils paraissent frénétiquement obnubilés par les activités pratiquées avec ces choses, particulièrement les objets électroniques.
(Il semble d'ailleurs que la privation de pouvoir acheter ces choses provoque une angoisse).

Mais que font ils donc ? Savent-ils même ce qu'ils sont en train de faire ?

J'ai l'impression qu'ils sont en train de se distraire.
Frénétiquement distraits par les jeux, par les flux d'informations, par le terrorisme.
Distraits, finalement, par les choses, par toutes les choses matérielles qu'ils possèdent et les choses immatérielles qu'on leur fait penser. Les choses les aident à se distraire.
C'est donc cela qu'ils cherchent, se distraire ?

Ma question est : que ne fait-on pas quand on est ainsi distrait ?
De même qu'un illusionniste attire notre attention sur une chose pour procéder à une manipulation a notre insu, est il possible que si peu de personnes se demandent ce que l'on est en train de (se?/nous?) faire alors que l'attention des gens est ainsi (de plus en plus) efficacement occupée ?
Est ce que cela vient de l' intérieur ou de l'extérieur? d'un groupuscule?
Il y en aurait un qu'il ne ferait pas autrement: tout le monde veut la "stabilité", le status quo, ce qui "l" 'arrangerait.
Qui se rend compte que c'est la une modalité de l'aliénation ?
Que la peur toujours plus célébrée par les terroristes, vigipirate et le chômage est aussi une modalité de l'aliénation ?

Et puis j'ai redécouvert les français râleurs qui, comme des enfants gâtés possèdent tout mais ne sont jamais contents.
A la favela au contraire, et par force (et non par choix..), ils ne possédaient pas tous ces objets. Serait-ce pas aussi pour cela qu'ils étaient plus heureux ? Ils avaient moins de distractions de l'essentiel, ils étaient plus proches de l'essentiel. Ils étaient ensemble, ils s'aimaient, et ils étaient plus  heureux sans raison particulière.
J'enfonce la une porte ouverte, mais je suis forcé de le répéter.
Les gens aliènent leur temps de vie disponible au travail pour être capable de s'acheter tous les objets que l'on nous fait désirer. Mais maintenant, ce n'est plus seulement des objets  Il ne s'agit pas que d'objets matériels, mais aussi d'"assurances", de choses rassurantes dans ce monde qui cultive la peur.

Est-ce la peut de la liberté fondamentale qui est au fond de tout ça ? sommes-nous devenus des experts de la fuite de notre liberté?

ahhh Que de performances... et que de questions... heureusement qu'il y a aussi le bon fromage et le bon vin.

lunes, 11 de julio de 2016

retour à l'envoyeur

Résumé: à l'occasion de mon retour en ville je réfléchis sur la condition humaine et actuelle. Ensuite, élucubrations sur les quarante ans et les menues épreuves de la vie et mon expérience d'être hébergé.

Retour à l'envoyeur
Après la belle nature, il est vraiment étrange de retourner en ville. D'autant à bord d'un vélo de randonnée chargé, retour surprise. Trajet d'une heure traversant agilement le centre de la gare routière à Copacabana, après un mois et demi seulement qui m'en paraissaient bien plus. Tout familier, les raccourcis... cette ville monstrueuse est devenue mon amie. Elle change cependant si vite...
La densité m'a impressionné.
Ce que j'ai observé : dans les grandes villes on est forcé d'ignorer autrui vu la densité. Cela me semble une très mauvaise chose. Passer à côté de quelqu'un qui est dans le besoin et l'ignorer est proprement inhumain. Cette chose inhumaine est devenue normale, quotidienne, banale dans les grandes villes.
--Aussi malheureusement, on ne peut pas simplement accuser les grandes villes en tant que telles, mais plutôt la tournure des choses, disons.--
On marche donc sur la tête en niant ainsi notre naturel solidaire au quotidien. Comment ne pas devenir fou dans un tel contexte ?
En effet les gens cachent tous plus ou moins une folie honteuse.
Certes l’être humain a toujours vécu dans des temps de crise, de manques, de lutte; c'est l'art d’être humain que de survivre des crises de toutes sortes: notre nature est d’être dénaturés, et la dénaturation n'est rien d'autre qu'une modalité de la nature, puisque nous sommes la nature. Mais tout de même... où va-t-on ?
en sortant de l'ile ou j'ai logé à rio, illha da Gigoia où ont eu lieu les

40
Un jour j'ai eu quarante ans tout seul, comme un grand. Vers midi j'ai fait caca et j'ai trouvé mon caca beau. C'était un caca de personne en bonne santé. J'étais heureux de vivre. Pas du tout malheureux d'être seul. Je ne suis pas sorti de la journée.
L'étape supérieure sera de vivre heureux en mauvaise santé, comme disent les statistiques.
J'ai toujours été fasciné et amusé par la fameuse crise des quarante ans. Un moment officiel pour remettre en question son destin, et s'interroger sur le sens de sa vie. Un casier de plus dans lequel se ranger. J'attendais la crise des quarante ans de pied ferme, ayant cette impression de vivre perpétuellement en crise des quarante ans depuis au moins vingt cinq ans.
En effet depuis ce jour-là je me sens tout chose, je me dis que ça doit être l'effet de la crise.

vivre chez les autres
Depuis trois mois maintenant, je suis hébergé soit gracieusement soit contre des services divers, dans une dizaine de lieux différents à la ville et à la montagne.
Être hébergé à titre gracieux ou contre services dans nos sociétés est une expérience complexe et délicate.
De même que dans un pays étranger on doit respecter les coutumes locales, (ce qui impose un changement de références qui, prises au sérieux, entrainent un changement de paradigmes profonds et problématiques) dans une maison étrangère d'autres références font la loi. Cela demande un effacement de soi, une humilité pratique conséquente très instructive.
En ce qui me concerne la juste posture est difficile à trouver. Le sentiment de se sentir redevable est très inconfortable. (cf ma théorie du risque: sortir de la zone de confort)
A vouloir déranger le moins possible on finit par  déranger par paranoïa apparente, par exemple.
encore une chose qu'on nous apprend pas à l'école. Ou si.
L'hospitalité réchauffe le coeur des deux personnes concernées, c'est un acte gagnant-gagnant. C'est l'occasion de se monter sous un jour toujours nouveau. C'est pour moi quelque chose de sacré, j'ai toujours admiré l'islam pour la place qu'il donne à l'hospitalité. Quel sentiment horrible ont du ressentir les musulmans à mentalité hospitalière en découvrant l'inhospitalité française.

Un message de la montagne
Mon ami médium me l'avait prédit: après la révélation viennent les épreuves.
Les petites épreuves qui me sont arrivées:
--Embourber la voiture d'un ami seul dans la forêt et devoir trouver la solution et rester calme (la solution est venue en aide de l'extérieur et je ne suis pas resté calme, malgré mes tentatives)
--Le lendemain mon bus de voyage qui part pendant la pause avec toutes mes affaires dedans;
--faire face à un travail très intense et résister dans le temps;
--De nombreux amis qui s'éclipsent quand j'ai besoin d'eux, et ne pas les juger malgré cela,
--Accepter de ne pas savoir où l'on va être hébergé le jour même, en transportant plusieurs sacs, dans la rue, en comptant l'argent qu'il reste.
--Dormir dans un endroit un peu pourri.
--Devoir organiser des déplacements.
--Faire des choix de dates, choisir le bon moment.
Il suffit de rester serein et de faire contre mauvaise fortune bon coeur, respirer l'air, observer la seconde, faire ce qu'il faut.
vie, santé, bonheur, chemins ouverts - santé au corps, paix dans l'esprit et amour dans le coeur, c'est ce que nous désirons à tous nos frères

martes, 7 de junio de 2016

500 - destin du voyage - voyage du destin

Résumé: Je commente quelques caractéristiques de mon voyage ce qui m'amène à une réflexion sur le sens de nos vies et la manière dont la société les détermine. Je conclus sur une anecdote survenue au cours d'un retour en un arrière geographique inattendu que je fais. 


Mon premier demi-millier de kilomètre se complète pile en arrivant chez le nouvel ami franco-italien qui m'héberge. Plus de la moitié de ces cinq cents kilomètres pour mes déplacements locaux. Cinq cents kilomètres en un mois et demi.
Cinq cent kilomètres, c'est la distance qu'un voyageur à vélo fait normalement en une semaine. J'étais parti pour faire de la route, mais je suis resté un mois et demi pratiquement au même endroit. Je dois me rendre à l'évidence: je ne fais pas exactement un voyage à vélo.
Cependant le vélo n'est pas une excuse, il est mon centre, ma femme (en portugais du brésil le surnom du vélo est "la maigrichonne"), ma maison, mon pays. Quand je monte sur mon vélo je me sens toujours bien, là où je devrais être, et toujours moi-même. Le vélo me nettoie et m'équilibre, il me recentre.
Le vélo est mon laboratoire, mon centre de recherches. J'ai décidé de partir à la recherche du présent, et de tenter de me mettre à disposition du destin pur, dépouillé des déterminations sociales, des devoirs, des schémas.
Pas de plan, pas de projet défini, chose très difficile. Avoir un objectif semble être un impératif catégorique absolu inévitable. Quelle chose intrigante. Comme si du moment que l'on est un être humain digne de ce nom, il fallait toujours absolument avoir un objectif, sans quoi on risquerait... une espèce de destructuration qui effraye tout le monde...
Nous sommes guidés par la peur. La société nous programme pour planifier, fixer des objectifs à atteindre, pour vouloir des choses particulières qu'elle nous offre par ailleurs. Se préoccuper du passé, se préoccuper du futur... "savoir" où l'on "va". Comme si l'on savait quoi que ce soit, comme si l'on allait quelque part. La société nous donne des plans de vie que nous devons choisir. Telle carrière, tel plan familial, tel loisir qui va nous occuper.
Parent, compagnon, employé, libéral, membre, abonné, fonctionnaire: il faut avoir sa fonction. Il faut choisir sa case. En réalité mon destin s'est fait par défaut, je n'ai pas réussi à choisir, aucune option ne m'a convaincue. Qu'il est difficile de sortir de tout cela. "Mais que va-t-on penser de toi ?" me rappelle-t-on gentiement à l'ordre. La société fait pression, elle nous distille ses peurs, (du futur, du présent, des autres) des angoisses, pour nous vendre leur remède; et comme par hasard, il faut donner son temps de vie disponible en échange.
(Hypothèse : On nous fait peur pour nous désunir, nous sommes toujours sur la défensive, alors qu'il serait si simple et naturel de s'aimer.)
On nous offre l'occupation qui va nous rendre malade, on nous offre la maladie et les remèdes. Travaille ici ! Repose toi là ! Fais toute la vie la même chose ! paufine ta carrière ! Fatigue-toi avec ceci ! distraie-toi avec cela. Mais les remèdes fonctionnent mal, alors il faut toujours en acheter de nouveaux. Et pour les acheter, il faut travailler. On nous vole notre temps, pour nous éloigner de Dieu, c'est à dire de nous mêmes.
Dans cette mise à disposition que je me suis proposé, c'est Dieu qui est venu à ma rencontre. Il était déjà avec moi, sans que je le sache, j'y étais déjà arrivé par l'humanisme.
Important : Qui veut faire le bien et tente de le faire sincèrement et sans violence est déjà avec Dieu. Le reste importe peu.
Je ne suis pas contre le travail. Je n'ai jamais autant travaillé depuis que j'ai arrêté de travailler. Les retraités le savent.
Je ne suis pas contre la société et je veux rester avec mes frères et soeurs. Je raconte simplement mon voyage à l'extérieur d'une certaine société. Tout cela est ma propre expérience qui correspond à mon propre destin. C'est mon chemin.
Ceci dit quelque chose attire mon attention, c'est le nombre de gens qui m'envient et qui ont la sincérité de me le dire. Cela m'amène à penser qu'il serait bon pour chacun (celui qui le souhaite) de sortir au moins une fois dans sa vie des structures de fonction de sa propre vie, type pèlerinage à St Jacques de Compostelle. Mais ce dernier est devenu lui-meme une terrain battu où l'on reste en sécurité. Il faudrait quelque chose qui fasse vraiment sortir chacun de sa zone de confort. Il n'est pas nécessaire d'aller loin, voyager c'est simplement sortir de sa maison, sortir de ses habitudes au moins une fois, chercher qui l'on est à l'extérieur de toutes ces habitudes et structures qui nous disent qui l'on est.
C'est plus facile qu'on ne le pense.
Je me demande ce que signifie cette envie des gens à l'égard de mon voyage libre. Peut être que nos vies modernes sont trop engagées, formatées, compromises, complexes. Elles ferment beaucoup de possibilités de nouveauté, de surprise, de magie.
En ce sens, mon voyage n'est que partiel, car je suis encore encombré d'un tas d'habitudes. Me dépouiller de toutes les déterminations, me purifier sera la longue démarche.
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Le plan matériel.
Comme on le rappelle à l'église, il ne faut pas oublier le plan matériel.
Il m'a rappelé pour un travail, rémunéré celui-ci, à Rio.
Je dis un adieu temporaire à l'église chérie qui a vu ma conversion, et dans les vestiaires de laquelle j'avais déposé mes affaires pour un trajet de retour
Voici mon église chérie au moment de mon départ de cette sainte montagne...

J'y cours avec joie, je descends la magnifique montagne par l'autre côté.
pause déjeuner-pic-nic:

En descendant la montagne je vois ça:


Ensuite je prends le bus en bas de la montagne pour aller à Rio et je vois ça.
(video)
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aventure de bus.
sur le trajet un incroyable cauchemar se produit. Pendant que je vais acheter de l'eau et des cochonneries à manger, le bus est parti sans m'attendre. Il n'est plus là, sa place est vide. Expérience d'incroyable, sentiment d'irréel. Je demande à des gens: "mais le bus qui était là... il est parti ? dans quelle direction ?" Dans le bus il y a mon vélo, mes documents, mon téléphone, toutes mes affaires. J'ai dans la main ma carte de crédit, mon porte monnaie, et des biscuits ridicules.
Je décide de courir de toutes mes forces dans sa direction. Sans avoir de solution définie, je me dis qu'il faut y croire et je tente de ne pas me décourager tout en pensant à mes affaires. Combattant la panique par ma nouvelle confiance en le destin, je trouve la situation amusante. Je me donne entièrement dans la force de la course. Je devine mon bus à quelques centaines de mètres. il s'arrète à un feu rouge, j'espère l'atteindre mais il repart. Je pense sauter dans un taxi pour le rejoindre mais il n'y en a pas. Je traverse des voies rapides en ménageant rapidité et sécurité. Je trouve mon corps svelte et puissant, disponible. Je trouve cette course belle, cinématographique, je m'amuse. après 500mètres environ vois le bus faire demi-tour. je continue à y croire. Je cours en retour vers la gare routière, toujours aussi vite que je peux. C'est vrai, il est revenu me chercher. C'est une vieille qui a signalé mon absence au chauffeur. J'avais échangé quelques mots avec cette vieille femme et avais comme remarqué quelque chose de spécial en elle, je l'avais trouvée comme très belle, d'un rayonnement particulier. je ne sais en dire plus. Un soulagement savoureux, mes biscuits sont délicieux.
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ensuite le fameux pont qui traverse la baie de Rio pour un retour inattendu vers cette ville magnifique et horrible. Son approche m'émeut toujours. Je vois ça
(vidéo)
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et voilà le plan matériel.


lunes, 30 de mayo de 2016

Daime dansé

Je viens de voir un oiseau d'un rouge d'une intensité que je n'avais jamais vue dans ma vie. Il avait seulement les deux ailes noires...

Il y a eu une série de travaux spirituels à l'église que j'ai senti devoir suivre.
Mercredi c'était mon dixième travail avec l'ayahuasca et j'ai encore découvert et compris beaucoup de choses.
Cela était réalisé à l'occasion d'une visite d'un groupe de musiciens descendants de la famille de mestre Irineu, le fondateur de la doctrine.
Le Daime a été fondé dans les années 30 par Mestre Irineu, un petit fils d'esclave, de deux mètres, qui a eu l'idée fantastique de combiner christianisme et usage rituel indigène de l'ayahuasca.
Venus d'amazonie, ce groupe apportait ce mercredi leur propre ayahuasca d'amazonie, dite "de premier degré", plus concentrée, la version originelle du maitre fondateur. Elle n'avait pas le gout sucré comme d'habitude et était gazeuse. Une dose classique et je ne sens pratiquement aucun effet psychoactif durant les 4 premières heures. Ensuite on me donne un verre énorme que j'ingurgite avec un frisson de crainte de ce qui va se passer, mais c'est ainsi, il faut risquer dans la vie me dis-je.

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parenthèse: théorie du risque
Risquer, pas seulement pour s'amuser, mais pour jouer. Jouer, cela me semble être la chose la plus sérieuse, puisque la vie est un jeu. vivre c'est jouer (=pratiquer (nous sommes des esprits qui pratiquent)) et jouer c'est vivre. Je veux jouer beaucoup pour vivre beaucoup, pour évoluer plus rapidement. Pour jouer beaucoup il faut risquer beaucoup. Il me semble que si l'on "assure" au lieu de risquer on vit, donc évolue moins. Qui a peur (pour moi) manque de foi. Évidemment tout cela doit se faire avec discernement. Sachant qu'il y a mille modalités de risque évidemment, chacun peut risquer à sa manière. Risquer est sortir de sa zone de confort, me semble-t-il.
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C'était un travail de Daime "classique" dansé.
voilà à quoi cela ressemble: un exemple similaire, en moins "rustique" que là où j'étais.
https://m.youtube.com/watch?v=8gWITxfFHlA
C'est un rité étrange que de danser ainsi, c'était mon cinquième dansé. J'ai mis un moment à comprendre ce rituel et encore je ne le comprends qu'en partie.
Quand j'écris "comprendre" il faut lire qu'il s'agit d'une "compréhension" "sensitive", non rationnelle. Ceci dit, voici la face "rationnelle", verbalisabe, explicable que je peux donner de la chose. Il s'agit de mon interprétation personnelle de ce qui se passe.
Je crois qu'il s'agit en fait d'un exercice pratique de sortie de son soi individuel et de perception de l'unité fondamentale du vivant. C'est donc une expérience allégoriquement (ou réellement...) extatique. Il s'agit pour cela d'anihiler provisoirement son identité, son moi, son ego, pour se fondre dans une masse unitaire, comme un banc de poissons. Reconnaître et mettre en pratique que l'on est (qu') une goutte d'eau dans l'océan de la vie.
Au début, il y a quelques mois quand j'ai découvert cela, j'ai été pour tout dire effrayé par le côté militaire, les uniformes, la séparation des sexes. Et puis j'ai compris. Tout cela pour aider la concentration, et pratiquer visuellemet l'unité (ou dualité justement pour les espèces sexuées) de la vie.
Ce qu'il y avait d'individuel, de particulier, de rebelle en moi, ce qui constituait (constitue) une partie essentielle de mon individualité a eu beaucoup de difficulté à me laisser accepter de "jouer le jeu".
Les tous premiers moments de la première fois il y a quelques mois, j'ai même fait ma propre danse à coté ! et on m'a à peu près laissé faire. Ensuite je jouais le jeu mais en moi je trouvais cela comme ridiculeusement conformiste. Cependant ce qui attirait mon attention était le fait que tous les participants ont une caractéristique fondamentale, qui est le point commun que nous avons à l'église: nous sommes des libres penseurs, des rebelles, tous ceux (y compris probablement vous, qui me lisez) qui n'ont pas simplement absorbé les valeurs qui les entouraient mais ont questionné les choses pour remuer la vase, me semble-t-il.
Des anticonformistes qui se conforment rituellement avec beaucoup de rigueur, quoi de plus intrigant.
C'est une pratique d'humilité : Pour se conformer comme cela il faut être humble, de fait.
Quand je disais que le Daime dansé est un exercice pratique de perception de l'unité fondamentale du vivant, c'est basé sur l'idée de l'unité de la vie.
En tant qu'individus, nous ne sommes qu'un rassemblement provisoire d'éléments de vie.
Cela implique : en réalité, nous ne sommes rien comme individus. Nous ne sommes que des véhicules de l'énergie, de l'amour, des esprits, de Dieu.
Dans le Daime dansé, il s'agit donc de percevoir, sentir, voir simplement (aussi avec les yeux)  l'énergie, l'amour fondamental, Dieu.
C'est donc rien moins qu'une allégorie, une représentation de Dieu.
Il s'agit aussi d'unir ses énergies entre frères et soeurs pour sentir l'amour, cultiver la lumière et "travailler" pour soi, sa famille et amis incarnés et désincarnés, son peuple, les humains, la vie.
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Quelquefois, moi aussi comme la majorité d'entre vous formaté de culture médiatique française contemporaine, je pense à la question de la "secte" et de ses dérives. Alors je passe en revue les critères, et pour rassurer certains, je peux citer quelques éléments. La majorité des membres ont leur vie privée familiale et professionnelle séparée de l'église. D'ailleurs à première vue beaucoup connaissent un certain succès professionnel, probablement du fait de l'épanouissement personnel. Durant les cérémonies, des participants il y a environ une centaine de "membres" (qui payent une mensualité modique pour les frais) et une cent-cinquantaine de visitants de partout, du monde entier d'ailleurs. Il n'y a pas de murs, de séparation, de coupure du monde: tout le monde est accepté d'entrer et sortir et de pratiquer ses propres rites. Il n'y a aucun dogme. Seulement une invitation à agir pour le bien. Pour ceux qui désirent consommer de l'ayahuasca, un entretien est demandé pour savoir si l'on est apte, parce que ce produit est dangereux pour les personnes fragiles.
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Ensuite, il y a eu mon onzième Daime, des hymnes chantés assis, où j'ai très peu senti la "force", comme on l'appelle, de l'ayahuasca, ce qui ne m'a pas empeché de profiter de la beauté des messages et des chants.
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C'est au cours de mon douzième "travail" que j'ai finalement accompli le voyage inouï. Je ne peux plus douter. Je vais continuer à méditer et à prier.
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Le "preto velho", le "vieux noir" me l'a dit :il n'y a pas de mystère ni de miracle, Dieu est une énergie d'amour. Il faut pratiquer la foi. Tout est question de volonté.

domingo, 29 de mayo de 2016

chez mes nouveaux amis

voilà où je suis hébergé, endroit bien isolé.
tout va très bien.

martes, 24 de mayo de 2016

Travail d'Umbandaime


C'était dimanche. Je n'avais jamais vu de rituel, de fete, de réunion entre humains si beau, intrigant et significatif.
Le principe de l'Umbandaime est l'appel d'entités archétypiques, et leur incorporation par les médiums, "facilitée" (d'après ce que je comprends) par l'usage de l'ayahuasca.
Le rite a duré pratiquement dix heures. Il a commencé à 11h du matin et s'est terminé un peu avant 21h. Environ 200 personnes étaient présentes dans l'église octogonale. C'était simplement magnifique.
En entrant la beauté m'a profondément ému: tout le monde habillé de blanc chantant ces hymnes. (malheureusement contrairement au Daime, on n'a pas les paroles et vu que je les connaissais pas je n'ai pas pu chanter et je ne comprenais pas toujours.)
Ce spectacle en soi était ensorcelant. J'attendais l'effet de l'ayahuasca en essayant de ne pas penser. Comme dans la méditation, la consigne est d'interrompre son mental, et comme dans la méditation, c'est la chose la plus difficile. Surtout pour nous européens qui sommes formatés de rationalité et d'athéisme. Le thé aide. J'ai compris pourquoi les sexes sont séparés, peut etre pour que le désir n'entrave pas la concentration.
Quelques dizaines de médiums se sont mis à incorporer, chacun leur entité, circulant au milieu de la pièce. Il prennent la posture de leur entité, certains éclatent de rire, d'autres frappent le sol de leur canne
d'autres soufflent, sifflent, font des grimaces étonnantes, certains portent des éléments de costumes de leur entité. Les gens qui n'incorporent pas sont sur les bords, regardent en chantant et battant des mains pour accompagner le rythme des tam-tams. Presque tout le monde a des pouvoirs médiumniques et peut incorporer. Il y a ceux qui incorporent complètement, d'autres seulement un peu...
Il y a des moments spécifiques pour l'incorporation de certaines entités qui sont appelées successivement, mais toutes peuvent intervenir à tout instant.
Puis j'ai commencé à pleurer: c'était ma tristesse de la solitude qui ressortait. Un médium au moment m'a appelé, c'était caboclo, l'homme de la foret.
lui: si tu es avec Dieu tu n'es pas seul, il m'a dit que lui meme vivait seul et heureux avec ça. Ma tristesse est un manque de reconnaissance, une forme d'ingratitude. Il faut faire un pas vers Dieu, cela signifie pratiquer. Chaque matin en me levant regarder le ciel et remercier Dieu d'exister. Il m'a manipulé, a dit que j'étais en bonne santé. Il souriait, riait en me parlant et me regardant fixement. Je n'arrivais pas à m'arreter de pleurer. J'ai demandé si je devais sortir pour ne pas déranger les autres, il a éclaté de rire. Il m'a dit d'observer ce qui se passait en moi durant la séance et d'aller lui parler à la fin.
Durant un chant j'ai réussi à me laisser aller, à ne pas penser. Je crois que j'ai commencé à incorporer quelque chose. Le mouvement était léger, comme si une danse s'emparait de mon corps qui gagnait une forme d'autonomie. il était très agréable de me laisser aller à ces mouvements et donnait un plaisir physique, une torpeur comme le plaisir de l'amour physique. Je pouvais arreter à tout instant en reprenant le controle par mon mental. Mais il était si bon de se laisser aller, finalement je réussissais. J'ai comme bien senti la différence entre le mental et le spirituel.
Il y a eu une pause, on va alors manger à la cantine. Je rencontre une française, institutrice de Montpellier à la retraite en vacances dans une communauté isolée.
Les phases du rite se succédaient, je ne comprenais rien. Beaucoup de choses se passaient. par moments une bonne soixantaine de personnes incorporaient en meme temps. c'était impressionnant, cela aurait pu etre effrayant.
Le rite du jour était dédié au "preto velho", le vieux noir (en comémoration de l'aniversaire de l'abolition de l'esclavage, une semaine avant). C'est le vieux noir esclave qui a souffert toute sa vie mais est serein, c'est la figure de la sagesse acquise par la souffrance. Ceux qui l'incorporent marchent courbés comme des vieux et utilisent parfois une canne. Différents médiums qui l'incorporent sont assis au centre, fumant la pipe, crachant. On demande à qui s'occupe d'eux de les consulter, on est mis sur une file d'attente et on va leur parler. On peut alors demander conseil à l'esprit, l'entité. Une anglaise m'avait recommandé une médium en particulier qui parait-il est très puissante. J'ai parlé des voix que j'avais entendu en moi, j'ai parlé de ma tristesse et de ma solitude, de mes doutes sur Dieu. J'ai entendu les paroles les plus sages de ma vie. Je savais tout ce qu'elle a dit, mais l'ensemble faisait sens, et surtout je le sentais. J'ai senti la cure. L'entité me regardait fixement, serrait ma main, appuyait parfois sur mon coeur. Il m'a donné le soin : quelques mots que je dois répéter chaque jour en me réveillant. J'ai senti la force, un amour incroyable.
J'étais en pleine force du thé, que l'on appelle Daime, qui me provoquait des baillements étranges.
Ensuite je mourrais de froid. Je suis allé au vestiaire mettre un pantalon sous le pantalon blanc que Manu, mon nouvel ami français m'a preté.
quand je suis revenu il y avait une session de capoeira. Moi qui n'amait pas la capoeira avant... voir des danseurs sous ayahuasca incorporés et dansant, avec des gestes mystérieux, c'était subjugant. j'étais obligé de danser aussi, discrètement en les regardant, pour ne pas mourir de froid. Je ne sais pas pourquoi j'avais si froid. Tout le monde était en meme temps en harmonie et synergie dans la force du Daime, dans une joie inouïe.
Vers la fin ils ont invoqué l'entité des enfants. Des dizaines se sont mis à incorporer des enfants et à se comporter comme eux, faisant des gestes, des plaisanteries, des grimaces, prenant des sucettes, se dérobant des pots de miel. laissant sortir l'enfant en eux, invitant l'enfant dormant en chacun de nous. J'ai vu de vrais enfants ahuris de voir des adultes, voire leur propre parent, se comporter comme eux de forme caricaturale. Ils invitaient les autres à sauter et danser, des rondes se formaient, presque tout le monde dansait. Les paroles des chansons sont si pertinentes. à la fin quelques messages sont donnés, une ode à la liberté est lue. Je larmoie d'émotion, je n'en crois pas mes yeux de tout cela.
On se salue en se prenant dans les bras, j'embrasse le plus de gens possible.
Je n'ai pas envie de partir de l'église. Je demande à aider. Je vais nettoyer les toilettes des femmes. A la fin il reste un homme d'une cinquantaine d'annés qui en parait 10 de moins. Je l'avais remarqué au feitio pour sa beauté et la puissance rayonnante de son corps. Il me parle de l'église, de ses 30 ans de Daime, de son enfance comme orphelin et enfant des rues de Rio de 9 à 16 ans. Maintenant il est riche d'amour, de Dieu. Il passe la moitié de son année aux états unis. Je rentre à vélo vers minuit je fais les quelques kilomètres de route en descente. Pas la peine de phare, c'est la pleine lune. Je roule trop vite, je me fais peur. Je me rends compte que j'ai laissé passer l'entrée du chemin de terre que je dois prendre. A l'endroit exact où je fais demi-tour,au bord de la route, il y a un clochard qui dort. Je demande tout doucement s'il a besoin de quelque chose. Il se réveille et me répond "évidemment, je n'ai rien!". Je lui donne la moitié de ma nourriture et 10 reais. Il me dit: "que Dieu te bénisse".

sábado, 21 de mayo de 2016

travail de fabrication de l'ayahuasca, le feitio

Dimanche 15 mai, exactement un mois depuis mon départ, j'ai vécu l'une des journées les plus intenses de ma vie.

 J'avais prévu ce soir là de participer à un rituel dit "travail" de Santo Daime à léglise locale. J'apprends plus tard qu'il s'agit d'une église Umbandaime.

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Précision sur ces religions:
L' Umbandaime est une nouvelle religion brésilienne qui synthétise deux religions brésiliennes elles-memes synchrétiques:
l'Umbanda, est à la fois issu du spiritisme (à l'origine français) et du candomblé (religion synchrétique brésilienne provenant des esclaves qui ont "mélangé" les religions d'Afrique). Le principe consiste basiquement dans l'invocation chantée d'entités (des figures archétypiques de personnalité) qui sont incorporées par les médiums présents. Et soit donnent des messages, soit simplement soignent.
Le Santo Daime est un synchrétisme entre le christiannisme et la pratique rituelle indigène de consommation d'ayahuasca, le thé sacré. Le principe est basiquement boire de l'ayahuasca et accomplir un voyage intérieur en chantant des hymnes d'inspiration christiano-indigène.

Ces pratiques sont réalisées dans le but de se connaitre soi-meme, de "connaitre" (non pas rationellement) le mystère divin en nous, afin de "se soigner" et de s'améliorer.
Se connecter avec des énergies internes que nous avons en commun avec l'extérieur.
S'équilibrer, communiquer et s'harmoniser avec ses frères et avec les forces de la nature, en un mot de cultiver l'amour.
Je dirais qu'il s'agit d'exercices pratiques pour "aimer mieux". S'améliorer dans l'accomplissement de sa tâche, quelle qu'elle soit, faire les choses avec plus d'amour, quoi que ce soit.
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En fin de matinée avec Filippi nous descendons au marché bio du village et là je rencontre une allemande qui vit dans la communauté Daime locale. Elle me dit qu'ils sont en train de réaliser un Feitio, le travail de fabrication de l'ayahusca, le thé que l'on boit lors de la cérémonie.

Les églises du Daime (ainsi que les autres mouvements qui consomment de l'ayahuasca) ont en général une "maison du feitio", où l'on fabrique le thé, l'ayahuasca, deux fois par an. La production demande un complexe et lourd travail manuel qui dure en général une semaine et qui est en meme temps une cérémonie-fete-travail. Pour fournir la main d'oeuvre nécessaire les fidèles d'autres églises de la région voire du monde entier (qui vient aussi sur place pour voir comment se fabrique le thé) viennent participer au travail, pendant lequel on consomme de petites doses d'ayahuasca "légère" durant toute la durée du travail  manuel.

J'étais très curieux de voir cela de près et après avoir dit adieu à Filippi j'y suis tout de suite allé, le site est proche du village.
Arrivé sur place je rencontre heureusement immédatement quelqu'un que je connais, un fidèle de l'église que je fréquentais à Rio qui me dit que je peux rester participer au travail et loger à la communauté. Je suis ravi puisque c'est ce que je cherche à faire durant ce voyage, loger dans les communautés du Daime pour le connaitre de l'intérieur et dans sa diversité.
L'endroit est magnifique, au bord d'un ruisseau qui passe juste en bas du balcon. La communauté est en fait une vaste zone où chaque membre a sa propre maison, espacée des autres, ainsi que quelques maisons collectives. L'endroit est en fait un lieu de cure, une espèce d'hopital spirituel (alcool et tabac sont proscrits). Les dortoirs de la communauté sont pleins mais on m'indique un espace libre sur le sol. Beaucoup de gens sont des médiums ici et j'ai l'impression que leurs regards me transpercent l'ame jusqu'au fond. Souvent j'observe des regards relativement sévères à mon égard, peut etre parce qu'ils voient mes vices, me dis-je, peut etre parce que j'arrive là comme un cheveu sur la soupe. Je force un peu ma place ici, parce que je sens que c'est le lieu où je dois être.

Je monte à la "maison du feiticio", la petite manufacture, qui est au milieu de la foret. Je suis littéralement émerveillé: fourneaux, fumées de marmites en ébulition, battage chanté en rythme.

J'allais pouvoir observer et meme prendre part au rite ancestral indigène traditionnel, selon la meme procédure et pratiquement les memes instruments.
La matière première du thé est sur place, tout autour dans la foret. De la matière aux instruments, la manufacture n'utilise pratiquement que des produits de la foret: eau, terre, plantes, bois, feu. Elle est elle meme un produit de la foret.
Le thé consiste dans le mélange bouilli et concentré ressortant d'une liane concassée et de la feuille d'une autre plante. Il parait qu'on ne sait toujours pas comment les indigènes ont pu découvrir l'effet psychoactif unique que pouvait réaliser ce mélange alors qu'il y a des milliers de plantes et de procédures possibles, des millions de combinaisons possibles.

résumé basique de la procédure:
Il faut d'abord battre au maillet des tronçons de liane (ici environ 40cm de long et 10 - 15 de diamètre) pendant une heure chacun environ, à force de bras, jusqu'à ce que les fibres soient bien séparées. Cela se réalise en rythme et en chantant des hymnes spécifiques.

vue des deux fournaux
Le plantes sont ensuite bouillies ensemble dans des chaudrons de 120 litres jusqu'à réduire de moitié (ou moins), essorées, et réutilisées un certain nombre de fois. Le liquide réduit concentré est ensuite utilisé comme base pour une prochaine décoction et ainsi de suite plusieurs fois. C'est comme faire du thé, le faire réduire, et l'utiliser pour faire encore du thé, etc.
sortie du chaudron du feu
 
Des degrés de concentration et des procédures un peu différentes sont réalisées pour créer différents types de thé.
 égouttage

Les femmes et les hommes travaillent séparément mais peuvent se rendre visite.  Les hommes font les travaux de force et les femmes lavent les feuilles et préparent les repas.
J'assiste à de nombreuses procédures, gestes que je ne connais pas encore. Je suis impressionné par la fluidité de la coordination des travailleurs qui sans avoir à se parler combinent leurs gestes précis et rapides. Ces gens ne travaillent pas pour l'argent, mais par amour, on peut le voir dans leur gestes. Une trentaine de personnes quand j'arrive. Tout le monde est concentré, l'atmosphère est fraternelle. Un exercice physique dur, fait de collaboration masculine disciplinée, cela m'a ainsi fait penser à celle du service militaire qui n'aurait que son bon coté en quelque sorte. Les hommes présents ont entre la vingtaine et la soixantaine, de tous bord, qui ont tous leur vie, ce sont des gens absolument normaux. Ils ont simplement en commun ces pratiques.
Je suis reçu comme un visitant. Je dis tout de suite que je désire travailler. On m'amène à un coordinateur manifestement médium qui me regarde discrètement puis après un petit silence m'attribue la tache de la terre cuite. On me dit que je dois le faire sérieusement et jusqu'au terme.

Ma fonction: maçon du Daime
De la boue est placée à la base du chaudron pour le sceller au sol dans son trou, sous lequel il y a le feu.
On me montre rapidement les gestes et les caractéristiques de mon travail. Je suis impressionné par la douceur de la personne qui me donne les indications et qui me dit que c'est un travail important, qui doit etre bien fini. Il s'agit de manipuler une truelle, comme un maçon. Je me concentre et assume ma fonction. Je fais en sorte qu'on ne me dise pas les choses deux fois.

Je prépare le mélange dans le seau en raclant directement la terre argileuse sur la paroi de la montagne
 . J'interviens sans que l'on m'appelle, dès qu'un nouveau chaudron est placé. Quelques rares conseils viennent, notamment de tenter de faire des gestes plus doux.
Je prends une dose de thé dès le début. Pour une raison que je n'explique pas encore (c'était la deuxième fois que cela m'arrivait) je n'ai pas senti d'effet psychoactif, ni après les nombreuses doses que je prenais régulièrement (dumoins durant les treize premières heures...), simplement une bonne disposition à travailler.
J'ai en effet assumé la responsabilité de la terre cuite pour les sept chaudrons qui cuisent simultanément durant treize heures continues, décidé à travailler jusqu'à épuisement. Malgré les moments de repos le travail était assez intense, mais je l'ai réalisé avec grand paisir, me perfectionnant et toujours cherchant à faire de mon mieux. C'est ce que je cherche à faire: le travail qui n'est pas payé sous forme d'argent, le vrai travail en quelque sorte, qui est fait pour lui-meme.
(je cherche en effet dans ce voyage à pratiquer les formes d'interactions sans argent entre les humains, comme une forme d'agir plus authentique et propre à notre développement).
Dans la soirée je rencontre un français qui habite sur place. Il est franco-italien aussi, de Turin aussi. Il a le meme âge que moi à deux mois près et vient aussi d'abandonner sa profession pour se donner un temps de réflexion. Il a une certaine expérience, depuis des années des pratiques spirituelles et il m'aide à comprendre des choses.
Durant le travail j'ai du faire appel à mes capacités de résistance ce qui est un plaisir pour moi. Il s'agissait de forcer, de dépasser la fatigue et les cycles des douleurs exactement comme sur mon vélo. Mes avants-bras brulaient, j'avais des ampoules. Mais cela "fait partie du jeu"  de ce rituel qui est un travail spirituel melé à un travail de force physique.

On vérifie, grace à ma super lampe, le moment idéal de concentration d´une version superconcentrée appelée "miel"
Mon application a été remarquée. Durant la nuit en plus de mes responsabilités ont m'attribue différentes taches ponctuellement, ce qui m'a fait réaiser de nombreux gestes de la fabrication (placer/retirer/égoutter les chaudrons, ajouter des liquides etc). J'ai aussi eu droit à une dégustation de différents types de thé et aussi ceux tous chauds frais sortis. Durant la nuit nous nous sommes parfois retrouvés à six personnes seulemmoins présence a été utile. Je n'avais pas prévu d'y passer la nuit, mais je repoussais sans cesse la limite. Vers cinq heures et demi, alors que je suis à bout de forces, un rituel un peu informel à l'intérieur du rituel m'est proposé. A cinq nous avons fumé deux joints purs d'un puissant cannabis local. C'est là que mon véritable travail a commencé. L'effet du thé est arrivé. Voilà quelques éléments dont je me souviens et que j'arrive à formuler, il s'agit en réalité d'expériences sensitives difficiles à expliquer, à formuler. Durant une demi heure environ je suis passé par des phases que je commence à connnaitre, à commencer par les hallucinations appelées visions. Mes amis devenaiet bien étranges. Je suppose à cause du froid j'ai été soudain pris d'un drole de tremblement extreme et irrépressible et j'ai senti le détachement de mon corps. Accusant un refroidissement intense mes amis m'ont placé sur un banc non loin du four, et chacun a placé son blouson sur moi. Vu qu'il y avait plusieurs grand costauds, je disparaissais sous leur vetements qui me faisaient de précieuses couvertures. Je sentais leur attention, leur affection et amour. L'un de mes camarades s'est occupé de moi. Il me tenait et réchauffait les jambes. Puis j'ai reconnu la respiration soufflée saccadée du médium qui incorpore. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé mais j'ai senti sa protection et son accompagnement et comme s'il réalisait des opérations. Je me souviens d'une chose qui m'a frappé, c'est de voir mes pulsions et mes compulsions passer l'une après l'autre sous forme de boules à la queue-le-le ce qui m'a permis de bien les observer et sentir de quelle manière je ne suis pas elles. Je me suis senti comme moi neutre en quelque sorte, sans elles. J'ai aussi senti comme une mort et une renaissance. Comme si le passé devenait vraiment du passé et cessait d'etre présent. Quand j'ai ouvert les yeux mon collègue s'était déjà éloigné alors que je le sentais proche, et à la fois j'ai senti qu'il m'abandonnait peu à peu à moi-meme. Je tentais de reprendre le controle de ma respiration, à la place du tremblement qui la controlait. Je crois que je me suis un peu assoupi d'un sommeil de chat, puis je suis revenu à moi. Tout avait duré une heure et demie qui m'en ont paru quatre environ.
Je sais que tout cela doit vous paraitre bien étrange. Il faut me faire confiance. J'en parle avec transparence, parce que je pense qu'il ne faut pas faire trop de mystères avec le mystère. En France on a fait du mystère un tabou, je ne sais pas pourquoi. Tout cela fait partie de mes recherches et doit se trouver sur mon chemin.
Le lendemain je continue le travail mais à un rythme moini soutenu
Le surlendemain, mardi, c´est le grand nettoyage, récurage des chaudrons.
Depuis je suis pratiquement seul dans l'espace commun de la communauté avec mes travaux de jardinage. Je nettoie une bambouseraie.

miércoles, 18 de mayo de 2016

débuts dans la communauté du Daime

Je suis depuis dimanche dans une communauté du Santo Daime où j'ai participé de dimanche à mardi au travail de fabrication du thé sacré qui est consommé lors des cérémonies, l'ayahuasca.
Les églises du Daime ont en général une "maison du feiticio", où l'on fabrique le thé, l'ayahuasca, deux fois par an. La production demande un complexe et lourd travail manuel qui dure en général de quelques jours à deux semaines et qui est en meme temps une cérémonie-fete-travail. Pour fournir la main d'oeuvre nécessaire les fidèles d'autres églises de la région voire du monde entier (qui vient aussi sur place pour voir comment se fabrique le thé) viennent participer au travail, pendant lequel on consomme de petites doses d'ayahuasca "légère" du matin au soir et travaille dur.

Voici un reportage (que je n'ai pas le temps de voir complètement) sur une autre communauté qui fabrique l'ayahuasca, on voit comment elle est faite et on entend des témoignages (en portugais, à vois de voir s'il est possible de comprendre quelque chose ou de traduire par youtube).

https://www.youtube.com/watch?v=NGQqoTznM4w

La manufacteure où j'ai travaillé était bien plus petite et rustique, utilisant des ustensiles traditionnels. Je vois que dans ce reportage ils utilisent du plastique et des palans pour transporter le thé ! il n'y avait pas ces choses modernes ou j'étais.

Ils m'ont reçu comme un frère, et constatant mon application ont ensuite accepté que je reste quelques jours hébergé en échange de services manuels multiples.
L'endroit est magnifique, au bord d'un ruisseau qui passe juste en bas de mon balcon.

La communauté est en fait une vaste zone où chaque membre a sa propre maison, espacée des autres, ainsi que quelques maisons collectives. Maintenant que les invités pour le travail de fabrication du thé sont partis, je suis seul dans le batiment des hommes que j'ai nettoyé, simple et confortable, deux chambres de quatre lits chacune et des salles de bains.
Je suis en train d'écrire mon expérience de la fabrication du thé sacré que je posterai bientot.

miércoles, 11 de mayo de 2016

Arrivée à Lumiar

Rempli-rechargé de l'amour de mes amis (en troupe pour me dire adieu) quittés à Nova Friburgo, je m'éloignais d'eux en pédalant de toutes mes forces. Malgré mes larmes (que mes nouveaux amis appellent un "nettoyage") je ne me laissais pas aller à des pensées tristes, ou pas longtemps. Je luttais de toutes mes forces intérieurement pour me connecter à ce que je suis, et non pas à ce que je ne suis pas, à ce que j'ai, et non à ce que je n'ai pas, à ce que je fais, et non pas à ce que je ne fais pas. Je recherchais le moment présent, et ce n'était pas facile. Meme en respirant profondément, les larmes revenaient. Et je pédalais de toutes mes forces physiques pour muscler la force mentale. Comme dans la méditation, il s'agit de muscler la force mentale.
Ce n'était pas très difficile en réalité de contempler le présent cette fois-là, puisqu'une bonne nouvelle m'attendait le jour meme. J'allais retrouver l'un de mes rares plus chers amis de Rio (Mon seul ami local carioque de souche, maintenant que j'y pense) ainsi que des futurs nouveaux amis dans un lieu magnifique à Lumiar, pour pour 2 - 3 semaines, avec des personnages d'une nouvelle page..
Le présent, c'était aussi un trajet hautement bucolique qui avait de quoi divertir. Les fruits, les oiseaux colorés, les plantes bizarres sont partout, (je reconnais la plante de l'igname que Carlos m'a enseigné à reconnaitre) les petites maisons mignonnes. Les paysages se dessinent en avançant.
On m'avait annoncé 15km, en réalité 25. Je m'attendais à beaucoup de montées, je trouve à la fin une descente de 15km. Respectant le conseil de Carlos de ne pas aller trop vite, je ne dépasse pas les 60km/h, testant tout de meme mon dragon à haute vitesse. Avec le poids, ça descend plus vite ! un peu des sensations de moto et le froid soudain, je me couvre. Je suis à 800 m. d'altitude environ.
Parti à 16h au lieu des 13 prévues, j'arrive à Lumiar à la tombée de la nuit. A ma surprise en arrivant, je reconnais le chemin de terre de 2km et demi qui mène au quartier "bem fica" (littéralement "on y reste bien" ou "on y est bien"-ce "quartier" est lui-meme composé de plusieurs mini-vallées))puis à la maison de mon ami Filippi, où je suis venu une fois il y a plus d'un an déjà.
Filippi est au ciné-club du village qu'il anime. Fatigué, je décide d'aller d'abord à la maison déposer mes affaires. Montée sur une piste très rude en poussant le dragon épuisé à bout de bras.
J'arrive et reconnais la modeste maison de bois. Elle est ouverte ! il n'y a personne. Je me souviens qu'ici on ne ferme pas à clef. Deux chambres de deux lits et la cuisine-salle. La vie est manifestement très modeste, voire spartiate. Pas de frigo, trois assiettes. Epuisé, je prends une douche et attends mon ami. Il tarde. Je m'assoupis dans un lit. Mes hôtes inconnus, les collocataires de Filippi, me réveillent dans la soirée chez eux en arrivant. Sans le savoir j'avais pris l'un de leur lits...
Ils vivent à 5 (dont le couple dans une tente devant) dans cette vieille petite maison en bois toute termitée (une pluie de chiures de termites constante venant du plafond) (Loyer total de la maison 60eur/mois).


 Dans le jardin (comme dans la majorité des jardins ici) voilà les plantes comestibles que j'ai identifié: il y a des plants de : bananes, oranges, citrons, papaye:

 et goyave, café:

 aloé vera, ananas. Des plantes qui ont poussé toutes seules: tomates, chouchou, igname et manioc, et les plantes aromatiques. Tout cela pousse sans qu'on en prenne soin, il n'y à qu'a cueillir.
Y vit une famille coposée par le père, le fils, sa copine et un ami. Tous travaillent au nouveau resto familial ouvert il y a trois mois au Village. Ils n'ont presque rien mais partagent tout, et leur resto est très beau.
Mon cher ami Filippi rencontré il y a quelques 2 - 3 ans habite là depuis plus de deux ans, mais retourne à Rio toutes les semaines pour ses études. Vu de dehors il ressemble beaucoup à Woody Allen, cultivé pointu génial. Mais aussi semi-autiste pour les choses matérielles, avec lesquelles il est cependant décidé de bonne volonté à améliorer sa relation. Intéressé de Cinéma, réalisant des recherches libres en musique contemporaine, spécialisé en Barthes écrivant actuellement une dissertation sur Mario Peixoto pour une maitrise en sciences politiques. Ensemble on refait le monde sans fin.
Le père, Gianpaolo, 51ans, toscan qui vit depuis 20 ans au brésil vient d'ouvrir ce restaurant italien pour ses quatre enfants. Il a été chanteur, acteur, il pratique aussi le massage ayurvédique, le reiki, le tarot divinatoire, mais surtout (pour moi) les thérapies chamaniques. Adepte des pratiques tribales, baptisé chez les indios, habilité à utiliser leur rites (et l'ayahuaska thérapeutiquement). Très imprégné de spiritualité animiste indigène mais sans superstition, sans gnagnagna spiritualiste. Blagueur rigolard et humble, il synthétise avec naturel et meme grace les cultures occidentale et indigène. Il a cependant aussi souvent comme une mine sombre et sérieuse, presque sévère. Il m'enseigne beaucoup de choses, ce qu'il dit me semble très pertinent.
La première semaine il réalise un feitio de rapé, la préparation du rapé à la maison, suivant recette procédure et rite indigène.

le rapé est une poudre qui se projette contre les muqueuses du nez à l'aide d'une pipette en bambou coudée. Elle se compose d'un mélange de deux tabacs, de miel, (le tout séché au four) de la cendre d'un bois spécial d'amazonie, le cumaru, ainsi que de sauge divinorium, le tout pilé et tamisé.
feitio de rapé
Sa prise a un effet thérapeutique équilibrant et apaisant, la cure dépend de l'intention que l'on y met. L'effet physique à la projection (il ne faut pas aspirer!) est variable. Je ressens d'abord une énorme brulure au nez type raifort X 100, l'impression que cette brulure atteint ensuite le centre du cerveau et accomplit comme un embrasement puis un redémarrage des perceptions. Une minute et demi après la prise l'effet disparait et je ressens un apaisement très léger et agréable, légèrement vaporeux, un bien etre général et une lucidité sereine. Effet vaso-dilatateur, on respire bien et peut se moucher et évacuer ce qui est resté dans le nez. Filippi lui vomit longuement après chaque prise. C'est le "nettoyage". GianPaolo lui est un usager très fréquent et cela a pratiquement remplacé la cigarette qu'il a arreté grace à ça me dit-il. On peut se l'auto-projeter en utilisant une mini-pipette.

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J'ai l'impression de vivre en pratique le plongeon dans l'improvisation que j'avais imaginé (lien post 1) par exemple avec Filippi à la maison on passe du temps ensemble et tout est possible, on improvise une promenade, un repas, une iniciation amateuriale au thai-chi à partir d'un livre trouvé dans la maison, on s'occupe du jardin, on prend le temps d'observer les insectes. C'est comme un retour à un état naturel d'amateurisme. C'est la société qui nous oblige à etre des professionnels, me dis-je.

  promenade avec Filippi

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Promenades - Paysages
entre les cannes à sucre la majeure vallée de Bemfica

Je découvre les environs avec mon vélo version légère, pratique du VTT parfois extreme très amusant. La région est faite d'une infinité de petites valées entrelacées et il y a peu de maisons qui ont toutes leur charme. Les plantes exotiques, les ruisseaux, les fruits, les fleurs abondent. J'ai souvent le souffle coupé en contemplant la beauté des lieux.

 Je roule alors tout doucement, sans bruit, je regarde, et je reve. Je reve qu'un jour j'habiterai là, dans l'une de ces maisons au milieu de la nature.















Parfois je me dis que je suis seul sur un vélo parce que je n'ai pas su réaliser ce reve, m'installer dans un beau lieu. Faire come ce français que j'ai connu ici, qui s'est installé avec sa femme et son fils, dans la nature avec quelques animaux et travaille en intéraction avec cette nature si prolifique. J'ai parlé à sa femme. Elle m'a dit que son vieux rève était de partir en voyage à vélo.

sábado, 7 de mayo de 2016

Les premières secondes d'une promenade en sortant de la maison

Les premières secondes d'une promenade en sortant de la maison

viernes, 6 de mayo de 2016

Rencontre surprise à Lumiar - gastronomie locale.

Voilà ce qui m'occupe à Lumiar.
C'était hier, au cours d'une promenade avec mon ami Filippi pour faire les courses chez des paysans absents à ce moment-là, attiré par une pancarte de pisciculture, on découvre le "sitio maravilha"
Que le proprio Roberto nous présente durant deux heures. passionnant les productions et produits locaux. ressortis de la avec les produits disponibles à l'achat : café, mélasse de canne, mélasse mélangée à du rhum, et une bonne vingtaine de kilos de bananes, oranges, et une espèce de mandarine géante (les fruits quasi donnés). le tout moins de 10euro.

Avant-hier courses chez le paysan, seu Manuel, avec qui j'ai sympathisé et qui doit m'apprendre à pécher.
biologique et bon marché.
troisième étage à gauche e curcuma en bulbe. ici appelé "açafrao" (litt.safran)

qu'il est bon de consommer des produits locaux sains. Si possible couché dans l'herbe. légumes (dont igname braisé hier) fruit fromage locaux, riz complet au curcuma frais.
j'ai découvert-inventé la tisane de curcuma frais qui est une espèce de bulbe proche du gingembre émettant parfum et coloration jaune fluo étonnants.