lunes, 18 de abril de 2016

dernier jour dans le Sao Gonçalo de W.Wenders. Gueule de bois.

Aujourd'hui pèse dans l'air brésilien une espèce de gueule de bois, au lendemain de la confirmation de la procédure de destitution d'une présidente innocente. Coupable de choses sans gravité, c'est un coup bas. Je l'ai entendue parler aujourd'hui. Elle est très digne, lucide et exemplaire.

Aujourd'hui je pars à la recherche d'un cyber-café. Quel endroit paumé, c'est à plus d'une demi heure de vélo, dans un autre quartier dit "Apollo". Je roule sur le vélo de charge de Marcelo, le classique "barra forte" brésilien, je me régale, la plupart du temps sur des pistes de terre.
Tiens, il a le meme vélo que moi:



Curieux spectacle de la banlieue pauvre de ville satellite pauvre. Grands espaces, coins inattendus, provisoires, en contruction ou en destruction, des briques, de la poussière. On se croirait dans un film de Wim Wenders.


Puis le cyber-café, aussi désert. Le rituel des sauvegardes. Les ordis doivent etre lents, je passe une heure et demie à regarder des barres de progression de chargement de mémoires "virtuelles".
Sur la route je croise un motel invitant.
Je médite sur les meubles des suites spéciales, m'émerveille de l'imagination humaine et de mon ingénuité.
Cela donne envie de s'enfermer dans une de ces chambres avec une compagne espiègle, de bonnes drogues et beaucoup d'imagination. Je me dis qu'on devrait faire cela au moins une fois par mois, pour rester en bonne santé.

Ensuite es courses en supermarché de province brésilienne que je connais jusqu'à présent : grands espaces , énormes, mais très peu de choix de produits, tout est homogène, simple, blanc. très peu de clients que les quelques caissières attendent. Je suis encore dans Wim Wenders. Il n'y a pas la variété et les couleurs des supermarchés en France. Par exemple dans cet énorme super-marché, je ne trouve pas de sucre roux, encore mois brut, il n'y a que du sucre blanc! J'achète plein de bières pour laisser à marcelo, lui qui aime la bière, il devrait avoir la suprise en ouvrant son frigo.
Demain je prends la route des montagnes, c'est le deuxième et vrai départ, puisque cette fois ça ne sera pas un ami qui m'attend, mais un endroit complètement inconnu. Je prends soin de ne rien préparer, pour préserver la spontanéité de choix du lieu qui m'hébergera. C'est une sorte de jeu tout à fait excitant. Je me contente de prévoir de chercher un coin de nature avant ou après le village dit Cachoeras (cascades/rivières?) de Macacu.

C'est donc une nouvelle préparation, minutieuse sélection d'affaires, élimination-simplification des emballages... J'emporte de quoi improviser 2/3 repas simple pour etre toujours capable de m'arreter n'importe où.
J'ai pour l'instant la chance d'avoir cette sensation merveilleuse que tout se passe quand comment et où cela doit se passer, j'ai l'impression de m'enfiler dans le monde comme dans un gant.





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