viernes, 15 de abril de 2016

premier jour de vacances à Sao Gonçalo, chez Marcelo

Je découvre hier ici à sao Gonçalo la "maison de campagne" de mon ex-voisin Marcelo, où j'avais prévu de venir deppuis des années. Marcelo a 52 ans, plusieurs enfants grands, déjà, émancipés. Séparé, il vit maintenant seul. Il a toujours vécu et travaillé comme maçon-électricien-plombier-platrier-peintre-menuisier à la favela Cantagalo pavao pavaozinho. Il n'est jamais sorti de l'Etat deRo de Janeiro de sa vie.
(Pour moi il est donc comme une transition entre ce lieu (encore mystéreux pour moi) où j'ai vécu presque 5ans et, littéralement le reste du nord du Brésil, car après 40km seulement je me sens si loin de Rio !
hier 20 minutes après le grand départ, vers le nord:
(par miracle le chargement de cette photo a fonctionné)


Quelle bonne idée de s'éloigner peu à peu à vélo. L'ailleurs était donc déjà, bien sur, à la porte de la ville!
Le frère de Marcelo a acheté une grande parcelle de terrain ici à Sao Gonçalo et lui en a revendu deux petites pour 2500euro, dont une dont il n'était pas le propriétaire, qui est apparu quelques années après. Procès contre son frère résolu à l'amiable par le don d'une moto d'une valeur de 1250euro, ensuite utilisée et maltraitée par des jeunes usagers, revendue pour pièces500euro. J'ai connu ce frère hier soir, c'est le voisin de Marcelo maintenant qui est resté construire sa maison sur la parcelle légitime. Marcelo, bon coeur, a pardonné à son frère mais se méfie de lui maintenant. L'un des fils de ce frère est en prison pour avoir participé à la prise d'assaut d'un bus, pratique courante des bandits locaux. La mère de ce fils, participant encore des occupations de ce milieu, a confié sa fille de trois ans à la famille qui l'élève comme leur fille. Dans ces régions pauvres, le banditisme est une réelle option de carrière pour les jeunes, et cela se termine en général par les tragédies qui font l'histoire de ces peuples. Une autre conséquence tragique est le succès des églises évangéliques dont notre Luciano, père de bandit, est le fidèle.
Hier après midi en arrivant j'ai été surpris par le niveau de pauvreté de Marcelo et aussi la simplicité de la vie avec ses avantages et ses inconvénients. Peut ˆetre faussement optimiste ou enthousiaste, j'en vois surtout les avantages. Je retrouve en effet déjà cette vie simple que je cherchais, la température est tout le temps idéale on est habillés seulement avec un short et des tongs. On a pas d'argent, comme quand j'étais étudiant, mais on a le temps de bricoler un truc tranquille, voire construire sa maison peu à peu. Pendant que j'écris Marcelo installe en effet une porte à la chambre et moi... j'ai tout simplement le temps d'écrire !
Marcelo est si différent de moi et je ne sais par quel miracle on s'entend très bien et je me sens si à l'aise avec lui et dans sa vie simple. Il vit entre une maison en construction en L dans un angle et une autre en démolition sur un coté et un patio central, le tout sur un terrain de 200m carrés. Dans ce Patio central il y a un énorme jénipapier qui nous fait de l'ombre. J'ai découvert hier la chair du fruit jenipapo, l'une des choses les plus bizarres que j'aie goutées de ma vie. L'odeur étrange est à la fois attirante, suscite l'appétit mais inspire aussi un léger dégout, comme l'odeur du sexe. Ce fruit a la propriété de faire baisser la tension artérielle et de faire dormir, en effet hier je suis allé dormir peu après mais j'étais déjà épuisé. Les toilettes en dé-construction sont inexistantes, (il n'y a que le trou du tuyau donc il faut savoir viser, heureusement que j'ai de la pratique dans le domaine). Ces toilettes sont du coté de la maison en train d'ˆetre détruite aors que les chambres et cuisine sont du cˆoté de la maison en train d'ˆetre construite, les deux maisons se font face dans une évoltution symétriquement opposée intéressante.
Proposant à Marcelo de feter mon arrivée, il m'a tout de suite averti qu'il n'a pas d'argent. J'offre donc les courses pour un grillade le soir et presque tout l'arrosage de la célébration qui a commencé par l'apéro dans le quartier pauvre péri-urbain - de ville satellite - semi-rural.
 Je constate que Marcelo vit avec très peu de moyens, et il n'a pas du tout l'air malheureux.
pendant notre apéro un camion de sable rate son virage au coin de la rue, ça a fait un grand boum. on espère qu'il n'y a pas de cycliste dessous.

Le soir Marcelo invite sa famille voisine c'est à dire son traitre de frère et sa femme ainsi que leur petite fille qu'ils élèvent comme leur fille, et leur autre fille, Luana, 16 ans, qui elle meme a un garçon de presque deux ans d'un bandit disparu. Leur appétit à manger des grillades est désolant. Que faire. ce n'est que le début d'une longue fréquentation des pauvres qui peuplent ce pays. Je leur fais une recette de mon invention igname cru rapé au citron ail, huile d'olive et coriandre, ils sont ravis et notent la recette. ils découvrent l'igname cuisiné de cette manière (très saine) ainsi que les patates douces et courge dans l'alu et la braise, ils ne connaissaient pas ! Je me dis que je pourrais réaliser des stages d'éducation alimentaire.
Marcelo est en train de construire un puits à la pelle sous son terrain, la terre étant d'argile, il y sculpte un escalier à la pelle ! il veut arriver à 10 m de profondeur pour avoir une eau potable.
Cette maison est un projet pour les vieux jours, que Marcelo mène en parallèle avec son activité et ses apparts dans la favela. Vu qu'il est maçon sait tout faire et pas cher et est connu, parfois il retape trois petits appartements en en garde un pour lui, quand il n'est pas payé à l'heure. Quand je l'ai connu, il y a plus de 4 ans, il avait encore ses deux yeux, mais un clou a mal rebondi. S'il n'avait pas été au noir, il en aurait une pension. Il porte maintenant des lunettes de protection.
Marcelo me parle de la vie au morro, à la favela, et me révèle encore beaucoup de choses. Mon ex-voisin qui a été abattu il y a quelques mois par la police, dit "batata" ("patate", probablement pour son physique pas particulièrement obèse mais bien en patate) n'était que le gérant du département herbe, j'ai ainsi appris que chaque drogue avait son responsable. Le chef de la favela, Pitbull, fugitif caché dans de nombreux logements secrets proisoires, ne se déplace que la nuit en général , et mobilise pour cela une vingtaine de guardes armés. Je l'ai croisé un soir, il avait une cinquantaine de chaies en or autour du cou, sans mentir, c'en était étrange. Mais il n'est lui meme qu'un gérant aussi, le chef étant ailleurs. Cela fonctionne un peu comme une franchise du grand groupe comando rouge. Par aileurs, les grabuges de la favela de l'autre bout de copa sont des tentatives de la faction dont appartient le Galo de prendre la favelle de Babylonia. Marcelo en a vu de toutes les couleurs en une vie au morro, jusqu'à voir des gens découper des cadavres à la scie dans la rue à un certaine époque.
Marcelo aime et respecte la nature. dans un couloir d'un angle de la maison il a laissé un cocotier traverser le toit. Le cocotier dépasse et sort de la terrasse du toit d'une dizaine de metres environ. On peut donc avec une échelle depuis la maison accéder aux noix de coco dans l'arbre !
 il m'invite à en prendre une ! je n'avais jamais fait cela de ma vie; une excellente occasion de débuter avec ma machette. Quand la noix est à portée de main, l'opération est plus facile que je pensais. En quatre ou cinq tours sur elle meme la noix se détache et il y a à coté une tige solide pour la transporter. L'opération d'ouverture à la machette -ma première après 6ans au pays- est un peu effrayante parce que l'on doit donner un coup littérallement vers sa main, s'il n'y avait pas la noix on on se trancherait la moitié de la main, ce qui est un geste assez inhabituel. N'osant jamais frapper assez fort, j'ai du donner une cinquantainde coups pour entailler assez prfondément alors que normalement seulement 4 voire 3 suffisent. Marcelo m'a rappelé une chose évidente à laquelle je n'avais jamais pensé : je pourrai me désaltérer ainsi n'importe où dans la nature au Brésil ! Il ne me manque plus que la technique d'escalade de cocoter. Voilà une des choses simples que je suis venu apprendre.
Ce soir je teste également dans le patio pour la première fois mon hamac et moustiquare de hamac.
Marcelo doit rentrer à Rio demain matin très tot pour y travailler samedi et peut etre dimanche pour payer un impot. Marcelo est ainsi, sans avance. Il travaille pour acheter du béton et des briques et c'est un peu partout ainsi dans le quartier apparemment ou il n'y a que querlques magasins de matériel de construction, épiceres et bars.
Marcelo qui va rester à Rio me laisse donc sa maison aussi longtemps que je désre, je n'aurai qu'à jeter la clef dans la cour intérieure dans un sachet de l'extérieur en partant.
Je vais donc me retrouver seul demain, pour la première fois depuis les deux semaines que je suis hébergé chez des amis. J'ai beaucoup de choses à faire pour optimiser mon matériel, découvrir les environs immédiats avec mon vélo déchargé, lire..et connaitre mon trajet que je n'ai pas étudié de près. Je me dirigerai d'ci vers les chutes/rivières de MAcacu, notamment par une piste le long d'une voie ferrée abandonnée. J'aurai quelques jours de trajet pour arriver dans les montagnes à Lumiar dans une semaine environ.


4 comentarios:

anvnova dijo...

J'ai jamais pensé quelq'un en vacance a São Gonçalo...bon sejour!

anvnova dijo...
Este comentario ha sido eliminado por el autor.
liane dijo...

J aime ce que tu Vois, j aime ce que tu RETIENS du monde qui défile. J aime vraiment ton regard. Ici à Valleraugue, ou ailleurs, j éprouve la même curiosité pour les gens et pour les petites causes, le même amour pour les mots qui rendent la vie "moins dégueulasse" comme dit Renaud. Seulement ton blog est si petit écrit que j ai du mal à lire, mais tu vas écrire un bouquin dont, à coup sûr, je vais me goinfrer.Liane.

Marko dijo...

Marcelo vraiment est un type avec des qualités diverses!
(Il paraît, tu as toujours la chance avec tes voisins)
Cela me fait plaisir: de lire, comment il prendre des précautions pour ses vieux jours...

Mais comme il est là-bas pour toujours?
Avec le bus ?
Et comme il a transporté les matériaux de construction ?

Eh bien, encore un bon voyage, et mercie pour y associer nous...

Marko.