Il doit s'agir d'une euphorie du départ qui va durer je ne sais combien de temps puisque je n'ai jamais entrepris ce type de voyage.
Tout s'est bien passé, lever à 6h après deux heures de sommeil, l'irréel du départ devenu réel, mélangé au quotidien de la famille de Paul et Claudia qui m'hébergent. Je prends la route. Les gens dans la rue me regardent. Un escargot sur roue. Je me rends compte que désormais je deviendrai une espèce d'attracion et je devrai m'habituer à cela.
deux ou trois fois sur la route on me crie sympatiquement "esse é andarilho mesmo é ! " ("ça c'est du vrai routard" !)
Je prends le bateau et traverse la baie en extase. Ensuite Niteroi qui est une sortie étrange de Rio, puisqu'en 15minutes de bateau du centre on se retrouve dans une ville type de province, on est déjà plus du tout à Rio. Tout est différent, je suis déjà à la campagne. La bicyclette est lourde, mais je ressens un vrai plaisir à piloter et canaliser mon énergie sur le pédalage, qui développe une forme de légèreté horizontale. Le vélo en soi me donne du plaisir, et de ce "poste" je vois le monde qui défile. Ce matin malgré les deux heures de sommeil seulement je me sentais si bien sur ma selle, en sécurité, comme exactement là où je devais ˆetre, seulement de passage. Je me sentais une volonté et une énergie à briser un roc qui s'interposerait entre moi et ce qui m'attend.
Le moment du départ (à 2secondes du départ) immortalisé par Paul. Flute, me suis-je dit, je commence en prenant une rue à contre-sens.
J'ai reconnu la morsure du soleil. Cet après-midi j'ai vu que sur ma casquette la quantité de sueur a formé des cristaux de sel. Je teste la technique de la chemse blanche à manche longues et col remonté avec un certain succès (conseil d'un vieux cycliste étasunien comme le vˆetement idéal). Je suis content d'avoir acheté une bonne crème solaire mais je sens en effet que pour les parties couvertes une fine couche de tissu ne suffit pas. J'ai lu qu'on peut apptrapper des coups de soleil sous les vetements. Je vais aussi tester un vˆetement spécial anti-UV qu'on m'a offert. Merci Sergio et Luca !
Seulement 40 kilomètres sont vite passés. Je sens tout de meme la fatigue et suis content d'arriver. Avec les brèves explications de Marcelo je trouve facilement.
Mon ex-voisin de la favelle a sa maison ici, qu'il a acheté 1500euro avec le terrain il y a quelques années. mais elle était dans une zone inondable, alors il est en train de la détruire et d'en recontruire une à cˆoté simultanément. Les moyens sont bien réduits bien qu'il soit maçon. Marcelo vit seul, entre la favela de la zone sud de Rio où il a grandi et travaille, et cette maison de campagne qu'il retape peu à peu pour ses vieux jours. Marcelo est adorable et aussi modeste que généreux, il me reçoit très sympatiquement pour un séjour de la durée de mon choix. l'endroit est d'un pittoresque fantastique. Je pense y prendre le temps de faire les choses que je n'ai pas eu le temps de résoudre à Rio, ralentir petit à petit le rythme fou de la ville...


1 comentario:
Bien parti ! Bonne route ! On te suit...
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