Je viens de voir un oiseau d'un rouge d'une intensité que je n'avais jamais vue dans ma vie. Il avait seulement les deux ailes noires...
Il y a eu une série de travaux spirituels à l'église que j'ai senti devoir suivre.
Mercredi c'était mon dixième travail avec l'ayahuasca et j'ai encore découvert et compris beaucoup de choses.
Cela était réalisé à l'occasion d'une visite d'un groupe de musiciens descendants de la famille de mestre Irineu, le fondateur de la doctrine.
Le Daime a été fondé dans les années 30 par Mestre Irineu, un petit fils d'esclave, de deux mètres, qui a eu l'idée fantastique de combiner christianisme et usage rituel indigène de l'ayahuasca.
Venus d'amazonie, ce groupe apportait ce mercredi leur propre ayahuasca d'amazonie, dite "de premier degré", plus concentrée, la version originelle du maitre fondateur. Elle n'avait pas le gout sucré comme d'habitude et était gazeuse. Une dose classique et je ne sens pratiquement aucun effet psychoactif durant les 4 premières heures. Ensuite on me donne un verre énorme que j'ingurgite avec un frisson de crainte de ce qui va se passer, mais c'est ainsi, il faut risquer dans la vie me dis-je.
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parenthèse: théorie du risque
Risquer, pas seulement pour s'amuser, mais pour jouer. Jouer, cela me semble être la chose la plus sérieuse, puisque la vie est un jeu. vivre c'est jouer (=pratiquer (nous sommes des esprits qui pratiquent)) et jouer c'est vivre. Je veux jouer beaucoup pour vivre beaucoup, pour évoluer plus rapidement. Pour jouer beaucoup il faut risquer beaucoup. Il me semble que si l'on "assure" au lieu de risquer on vit, donc évolue moins. Qui a peur (pour moi) manque de foi. Évidemment tout cela doit se faire avec discernement. Sachant qu'il y a mille modalités de risque évidemment, chacun peut risquer à sa manière. Risquer est sortir de sa zone de confort, me semble-t-il.
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C'était un travail de Daime "classique" dansé.
voilà à quoi cela ressemble: un exemple similaire, en moins "rustique" que là où j'étais.
https://m.youtube.com/watch?v=8gWITxfFHlA
C'est un rité étrange que de danser ainsi, c'était mon cinquième dansé. J'ai mis un moment à comprendre ce rituel et encore je ne le comprends qu'en partie.
Quand j'écris "comprendre" il faut lire qu'il s'agit d'une "compréhension" "sensitive", non rationnelle. Ceci dit, voici la face "rationnelle", verbalisabe, explicable que je peux donner de la chose. Il s'agit de mon interprétation personnelle de ce qui se passe.
Je crois qu'il s'agit en fait d'un exercice pratique de sortie de son soi individuel et de perception de l'unité fondamentale du vivant. C'est donc une expérience allégoriquement (ou réellement...) extatique. Il s'agit pour cela d'anihiler provisoirement son identité, son moi, son ego, pour se fondre dans une masse unitaire, comme un banc de poissons. Reconnaître et mettre en pratique que l'on est (qu') une goutte d'eau dans l'océan de la vie.
Au début, il y a quelques mois quand j'ai découvert cela, j'ai été pour tout dire effrayé par le côté militaire, les uniformes, la séparation des sexes. Et puis j'ai compris. Tout cela pour aider la concentration, et pratiquer visuellemet l'unité (ou dualité justement pour les espèces sexuées) de la vie.
Ce qu'il y avait d'individuel, de particulier, de rebelle en moi, ce qui constituait (constitue) une partie essentielle de mon individualité a eu beaucoup de difficulté à me laisser accepter de "jouer le jeu".
Les tous premiers moments de la première fois il y a quelques mois, j'ai même fait ma propre danse à coté ! et on m'a à peu près laissé faire. Ensuite je jouais le jeu mais en moi je trouvais cela comme ridiculeusement conformiste. Cependant ce qui attirait mon attention était le fait que tous les participants ont une caractéristique fondamentale, qui est le point commun que nous avons à l'église: nous sommes des libres penseurs, des rebelles, tous ceux (y compris probablement vous, qui me lisez) qui n'ont pas simplement absorbé les valeurs qui les entouraient mais ont questionné les choses pour remuer la vase, me semble-t-il.
Des anticonformistes qui se conforment rituellement avec beaucoup de rigueur, quoi de plus intrigant.
C'est une pratique d'humilité : Pour se conformer comme cela il faut être humble, de fait.
Quand je disais que le Daime dansé est un exercice pratique de perception de l'unité fondamentale du vivant, c'est basé sur l'idée de l'unité de la vie.
En tant qu'individus, nous ne sommes qu'un rassemblement provisoire d'éléments de vie.
Cela implique : en réalité, nous ne sommes rien comme individus. Nous ne sommes que des véhicules de l'énergie, de l'amour, des esprits, de Dieu.
Dans le Daime dansé, il s'agit donc de percevoir, sentir, voir simplement (aussi avec les yeux) l'énergie, l'amour fondamental, Dieu.
C'est donc rien moins qu'une allégorie, une représentation de Dieu.
Il s'agit aussi d'unir ses énergies entre frères et soeurs pour sentir l'amour, cultiver la lumière et "travailler" pour soi, sa famille et amis incarnés et désincarnés, son peuple, les humains, la vie.
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Quelquefois, moi aussi comme la majorité d'entre vous formaté de culture médiatique française contemporaine, je pense à la question de la "secte" et de ses dérives. Alors je passe en revue les critères, et pour rassurer certains, je peux citer quelques éléments. La majorité des membres ont leur vie privée familiale et professionnelle séparée de l'église. D'ailleurs à première vue beaucoup connaissent un certain succès professionnel, probablement du fait de l'épanouissement personnel. Durant les cérémonies, des participants il y a environ une centaine de "membres" (qui payent une mensualité modique pour les frais) et une cent-cinquantaine de visitants de partout, du monde entier d'ailleurs. Il n'y a pas de murs, de séparation, de coupure du monde: tout le monde est accepté d'entrer et sortir et de pratiquer ses propres rites. Il n'y a aucun dogme. Seulement une invitation à agir pour le bien. Pour ceux qui désirent consommer de l'ayahuasca, un entretien est demandé pour savoir si l'on est apte, parce que ce produit est dangereux pour les personnes fragiles.
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Ensuite, il y a eu mon onzième Daime, des hymnes chantés assis, où j'ai très peu senti la "force", comme on l'appelle, de l'ayahuasca, ce qui ne m'a pas empeché de profiter de la beauté des messages et des chants.
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C'est au cours de mon douzième "travail" que j'ai finalement accompli le voyage inouï. Je ne peux plus douter. Je vais continuer à méditer et à prier.
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Le "preto velho", le "vieux noir" me l'a dit :il n'y a pas de mystère ni de miracle, Dieu est une énergie d'amour. Il faut pratiquer la foi. Tout est question de volonté.
lunes, 30 de mayo de 2016
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