lunes, 11 de julio de 2016

retour à l'envoyeur

Résumé: à l'occasion de mon retour en ville je réfléchis sur la condition humaine et actuelle. Ensuite, élucubrations sur les quarante ans et les menues épreuves de la vie et mon expérience d'être hébergé.

Retour à l'envoyeur
Après la belle nature, il est vraiment étrange de retourner en ville. D'autant à bord d'un vélo de randonnée chargé, retour surprise. Trajet d'une heure traversant agilement le centre de la gare routière à Copacabana, après un mois et demi seulement qui m'en paraissaient bien plus. Tout familier, les raccourcis... cette ville monstrueuse est devenue mon amie. Elle change cependant si vite...
La densité m'a impressionné.
Ce que j'ai observé : dans les grandes villes on est forcé d'ignorer autrui vu la densité. Cela me semble une très mauvaise chose. Passer à côté de quelqu'un qui est dans le besoin et l'ignorer est proprement inhumain. Cette chose inhumaine est devenue normale, quotidienne, banale dans les grandes villes.
--Aussi malheureusement, on ne peut pas simplement accuser les grandes villes en tant que telles, mais plutôt la tournure des choses, disons.--
On marche donc sur la tête en niant ainsi notre naturel solidaire au quotidien. Comment ne pas devenir fou dans un tel contexte ?
En effet les gens cachent tous plus ou moins une folie honteuse.
Certes l’être humain a toujours vécu dans des temps de crise, de manques, de lutte; c'est l'art d’être humain que de survivre des crises de toutes sortes: notre nature est d’être dénaturés, et la dénaturation n'est rien d'autre qu'une modalité de la nature, puisque nous sommes la nature. Mais tout de même... où va-t-on ?
en sortant de l'ile ou j'ai logé à rio, illha da Gigoia où ont eu lieu les

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Un jour j'ai eu quarante ans tout seul, comme un grand. Vers midi j'ai fait caca et j'ai trouvé mon caca beau. C'était un caca de personne en bonne santé. J'étais heureux de vivre. Pas du tout malheureux d'être seul. Je ne suis pas sorti de la journée.
L'étape supérieure sera de vivre heureux en mauvaise santé, comme disent les statistiques.
J'ai toujours été fasciné et amusé par la fameuse crise des quarante ans. Un moment officiel pour remettre en question son destin, et s'interroger sur le sens de sa vie. Un casier de plus dans lequel se ranger. J'attendais la crise des quarante ans de pied ferme, ayant cette impression de vivre perpétuellement en crise des quarante ans depuis au moins vingt cinq ans.
En effet depuis ce jour-là je me sens tout chose, je me dis que ça doit être l'effet de la crise.

vivre chez les autres
Depuis trois mois maintenant, je suis hébergé soit gracieusement soit contre des services divers, dans une dizaine de lieux différents à la ville et à la montagne.
Être hébergé à titre gracieux ou contre services dans nos sociétés est une expérience complexe et délicate.
De même que dans un pays étranger on doit respecter les coutumes locales, (ce qui impose un changement de références qui, prises au sérieux, entrainent un changement de paradigmes profonds et problématiques) dans une maison étrangère d'autres références font la loi. Cela demande un effacement de soi, une humilité pratique conséquente très instructive.
En ce qui me concerne la juste posture est difficile à trouver. Le sentiment de se sentir redevable est très inconfortable. (cf ma théorie du risque: sortir de la zone de confort)
A vouloir déranger le moins possible on finit par  déranger par paranoïa apparente, par exemple.
encore une chose qu'on nous apprend pas à l'école. Ou si.
L'hospitalité réchauffe le coeur des deux personnes concernées, c'est un acte gagnant-gagnant. C'est l'occasion de se monter sous un jour toujours nouveau. C'est pour moi quelque chose de sacré, j'ai toujours admiré l'islam pour la place qu'il donne à l'hospitalité. Quel sentiment horrible ont du ressentir les musulmans à mentalité hospitalière en découvrant l'inhospitalité française.

Un message de la montagne
Mon ami médium me l'avait prédit: après la révélation viennent les épreuves.
Les petites épreuves qui me sont arrivées:
--Embourber la voiture d'un ami seul dans la forêt et devoir trouver la solution et rester calme (la solution est venue en aide de l'extérieur et je ne suis pas resté calme, malgré mes tentatives)
--Le lendemain mon bus de voyage qui part pendant la pause avec toutes mes affaires dedans;
--faire face à un travail très intense et résister dans le temps;
--De nombreux amis qui s'éclipsent quand j'ai besoin d'eux, et ne pas les juger malgré cela,
--Accepter de ne pas savoir où l'on va être hébergé le jour même, en transportant plusieurs sacs, dans la rue, en comptant l'argent qu'il reste.
--Dormir dans un endroit un peu pourri.
--Devoir organiser des déplacements.
--Faire des choix de dates, choisir le bon moment.
Il suffit de rester serein et de faire contre mauvaise fortune bon coeur, respirer l'air, observer la seconde, faire ce qu'il faut.
vie, santé, bonheur, chemins ouverts - santé au corps, paix dans l'esprit et amour dans le coeur, c'est ce que nous désirons à tous nos frères